Le blog de Kifkif
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vendredi 10 avril 2009

Autrement : La question homosexuelle au Maroc

ans l’Europe chrétienne du Moyen-Age, les «sodomites» risquaient le bûcher. Aujourd’hui, le maire de Paris peut s’afficher fièrement homosexuel sans que la société majoritaire ne se montre outrée.
On peut sans doute y voir le signe que le Maroc devient de plus en plus un espace de débats démocratiques. Pouvoir parler publiquement de questions qu’en d’autres lieux il est interdit d’évoquer, n’est-ce pas, en effet, un signe de santé? C’est ce que, personnellement, je retiens d’abord de tous les «bruits» qui se font entendre autour de la question de l’homosexualité au Maroc.
La «question homosexuelle» est désormais une question publique dans notre pays, c’est-à-dire une question qui fait débat et qui va nourrir encore longtemps les discussions. Car même si nous voulons l’oublier, elle ne manquera pas de se rappeler à nous en diverses circonstances. Ces dernières semaines, nous avons entendu parler du développement d’une association d’homosexuels marocains basée en Espagne: l’association «Kif kif». Nous avons eu droit, ensuite, à un discours très ferme du ministre marocain de l’Intérieur, affirmant avec force que la société marocaine ne se laisserait pas pervertir par la promotion de mœurs contraires à ses valeurs. Enfin, le jeune écrivain Abdellah Taïa a rendu publique, par voie de presse, une longue «lettre-confession» adressée à sa mère, lui demandant, avec beaucoup d’amour et de respect, qu’elle l’accepte, lui son fils, avec tout ce qui fait son identité, à commencer par son ineffaçable orientation affective et sexuelle.
L’homosexualité (c’est-à-dire le désir sexuel ou l’amour pour quelqu’un de son sexe) est vieille comme l’humanité. Son existence est attestée, depuis l’Antiquité, dans presque toutes les sociétés. Les chercheurs qui travaillent sur cette question considèrent que toute société compte entre 4 et 6% de personnes fondamentalement homosexuelles. Tout comme l’hétérosexualité, l’homosexualité a revêtu des visages divers. Quelque fois elle a été tolérée, y compris dans des sociétés musulmanes (les écrits de poètes arabes, perses et turcs des siècles passés en témoignent). La plupart du temps elle a été condamnée, pourchassée. Dans l’Europe chrétienne du Moyen-Age, les «sodomites» risquaient le bûcher. Aujourd’hui, le maire de Paris peut s’afficher fièrement homosexuel sans que la société majoritaire ne se montre outrée. Aux Etats-Unis, alors que quelques Etats se montrent favorables à l’institution du «mariage homosexuel», d’autres conservent une législation qui permet de poursuivre les actes de «sodomie». Au Maroc, l’article 489 du Code pénal stipule : «Est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans, et d’une amende allant de 120 à 1000 DH, à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave, quiconque commet un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe».
Partout où la question d’une acceptation de l’homosexualité s’est posée ou se pose, les débats sont passionnels. Parmi les gens du peuple surtout, chez qui les frustrations accumulées (notamment les frustrations sexuelles) peuvent trouver un exutoire facile dans la haine des personnes homosexuelles. Mais construit-on les sociétés sur la haine? Ceux qui veulent allumer des bûchers devraient y réfléchir.


Le 08-04-2009 à 10:00
Par : Rachid Benzine

lundi 23 mars 2009

Colegas: L'association expose les a priori dont sont victimes les homosexuels

Par: Aufaitmaroc.com
La Confédération Espagnole des Associations de Lesbiennes, Gays, Bisexuelles et Transsexuelles (Colegas) a dénoncé avant-hier la montée de la violence à caractère homophobe au Maroc, “occasionnée par les partis religieux et intégristes à travers les moyens de communication”, a rapporté l’agence de presse espagnole EFE.
Lors d’un point de presse tenu ce mercredi, le responsable des relations internationales de Colegas, Samir Bergachi, est revenu sur les injustices et préjugés dont est victime cette minorité sexuelle.
“Ne pas céder au chantage islamiste”
Samir Bargachi, qui est également fondateur, avec Abdellah Taia, de KifKif, association des homosexuels marocains basée à Madrid, a soutenu que depuis la déclaration de l’indépendance du Maroc en 1956, “plus de 5.000 homosexuels ont été détenus” au Maroc, pays qui continue de considérer l’homosexualité comme un délit passible de peines allant jusqu’à trois ans de prison.
Plus grave, les partis politiques “à caractère intégriste”, selon Samir Bargachi, profitent des élections communales du mois de juin prochain, pour créer l’amalgame en liant homosexualité et terrorisme, tourisme sexuel et expansion du sida au Maroc ; ce qui “légitime la violation des droits de l’homme” dont souffre ce collectif et explique les violentes attaques à son encontre, inédites au royaume jusqu'à il y a peu.
Le cofondateur de KifKif a demandé au gouvernement marocain de “ne pas céder au chantage islamiste et de ne pas instaurer dans le pays, qui est en voie d’ouverture, un système de châtiment” semblable à celui d’autres nations où les homosexuels sont torturés.
T.M./AGENCES

Une certaine idée de la liberté

Par: Larbi.org

Le hasard de l’actualité a fait éclater, presque simultanément, plusieurs polémiques au Maroc.
La visite de Samir Bergachi tout d’abord. Le coordinateur général de l’Association Kifkif est venu défendre la cause des homosexuels marocains. Les éditorialistes de la presse proche du pouvoir ont accueilli sur un ton bienveillant cette visite et ont soutenu cette cause, même timidement. Au nom d’un « Maroc tolérant » « Sans fards ni tabous » et au nom du « bien-fondé de l’évolution démocratique marocaine ».
Au même moment une guerre soudaine est annoncée contre le chiisme au Maroc, après rupture des relations diplomatiques avec l’Iran et interdiction de diffusion de la littérature chiite sur le sol marocain. Les éditorialistes de la presse proche du pouvoir ont assuré le service après-vente et mené une campagne contre le courant chiite. Au nom de « l’Islam de nos parents » et du « rite malékite… un fondement du système institutionnel marocain » . Mais alors quand se trompent-ils d’analyse ? Quand ils invoquent la tolérance et l’évolution dans le premier cas ou quand ils évoquent la religion des parents dans le second ! Ils n’ont pas peur de se contredire, c’est le moins qu’on puisse dire.
Je serai court et clair. J’ai beaucoup d’estime pour le jeune Samir Bergachi et pour le député Mustapha Ramid. Le premier parce qu’en défendant la cause des siens, contre l’avis dominant de la société, il fait preuve de beaucoup de courage et de dignité. Le deuxième parce qu’en maintenant sa visite en Iran, contre le béni-oui-ouisme de la classe politique, il fait preuve de beaucoup d’indépendance et de liberté. Je les salue, ces deux dérangeurs publics, pour le courage de leurs convictions et il en faut du courage dans ce drôle de pays de 30 millions d’habitants, qui a peur d’admettre la possibilité d’autres formes de penser, d’exister, qui veut tous ses citoyens semblables, alignés sur la même grille de pensée, roulants à la même cadence.
Le ministre marocain des affaires étrangères résume assez bien ce pays-là : « Je sais que la majorité des partis politiques marocains ... ont exprimé leur solidarité avec la position officielle de leur pays[sur l’Iran]. Au même titre que l’ensemble du peuple marocain. » L’ensemble du peuple marocain dit-il sans avoir froid aux yeux! C’est cela donc, la même rhétorique : le présumé consensus, la présumée adhésion unanime du peuple marocain, les sacro-saints fondements de l’«identité marocaine séculaire » et j’en passe des concepts qui ne veulent rien dire sortis à tout bout de champs. Et on se demande après cela pourquoi le débat politico-sociétal est inexistant au Maroc. Après tout, tout le monde est d’accord avec tout le monde, le consensus est général, la parole de l’Etat et ses représentants est infaillible, celle du corps social est indiscutable.
Voyez-vous, je pense qu’il faut arrêter de se la raconter. Il n’y a pas un consensus de « l’ensemble du peuple marocain » sur toutes les positions de sa diplomatie car, pour n’évoquer que cet argument banal, elle est dirigée par des politiciens, des être humains, qui leur arrive de manquer de discernement. Pas plus qu’il ne peut y avoir, par définition, de consensus sur les questions de société. Mais oui, le député Ramid a eu raison de maintenir sa visite en Iran, car c’est son rôle de député de l’opposition d’agir selon ses convictions et non de suivre la feuille de route du gouvernement. Et oui, il faut respecter la libre conscience, celle de pouvoir choisir ses convictions religieuses musulmanes sunnites ou autres et non celles dictées par les hautes autorités de l’Etat. Mais oui… il serait temps que la société regarde autour d’elle, comment ses enfants vivent, de remarquer la banale réalité quotidienne qui s’impose : Certains de ses enfants sont faits différemment, avec une orientation sexuelle différente, et que ça ne fait pas d’eux des sous-hommes , ou des monstres, et qu’ils ont droit à la dignité et à la liberté ni plus pas moins que les autres.
Il est grand temps de faire tomber cet hypocrite masque appelé « consensus », « unanimité du peuple marocain » parce que c’est un mythe, parce que c’est de l’histoire ancienne et parce aucun pays qui se respecte ne peut avoir cette prétention et cette vanité de pensée. Cette arrogance et cette suffisance. Les minorités… ça existe et ça se respecte. Le droit de ne pas partager les positions de l’Etat , fussent-elle concernant sa politique extérieure ou son courant religieux dominant. Ce n’est pas de la « haute trahison » c’est de la libre pensée. Le droit de ne pas avoir la même existence que le reste de la société, fut-elle sexuelle, ça existe et ça se respecte. Ce n’est pas la « dégénérescence », c’est le libre arbitre. Et on a beau crier à la « haute trahison » ou à la « dégénérescence » cela ne changera rien, n’intimidera personne sauf peut-être bousculer les dépositaires de la raison d’Etat et des valeurs sacrées de la société, les auto-conservateurs du musée Maroc.
La ligne Maginot de la morale religieuse et du consensus politique ce n’est pas une réalité, c’est un mythe. Il faut l’admettre, car à défaut, la seule autre option serait de « passer aux armes » tout ce qui ne cadre par avec les modèles dominants de pensée et d’existence. C’est aussi simple, aussi bête que cela.

Les oulémas marocains lancent une fatwa contre «l’apologie de l’homosexualité»

La Rédaction 20 Mars 2009
Les religieux ont vivement riposté à la visite dans le royaume chérifien de Colegas, la confédération des associations LGBT espagnoles. La réaction ne s’est pas fait attendre. Le Conseil supérieur des oulémas du Maroc a lancé la semaine dernière une fatwa contre la «glorification de l’homosexualité» après une visite de la confédération des associations LGBT espagnoles (Colegas) sur le sol marocain. L’instance religieuse aurait justifié sa décision par le fait que «l’Etat marocain doit avoir une politique contre ce genre de déviances». Cette décision fait suite à la tournée de Colegas au Maroc, du 19 au 26 février derniers. Une visite guidée par Kifkif, un groupe LGBT marocain qui lutte contre l’homophobie. «Nous avons tenu des rendez-vous et des réunions avec différentes associations, missions diplomatiques étrangères et la presse, concernant les progrès des droits humains au Maroc», a expliqué à TÊTU (magazine français) Samir Bargachi, le jeune leader de Kifkif. Colegas souligne avoir pris les précautions pour «éviter des confrontations inutiles avec les islamistes». En vain. L’initiative a fait grincer des dents les extrémistes. «La presse islamiste a laissé entendre que Kifkif fait partie du “lobby gay” et que nous recevons un appui d’organisations et ambassades étrangères ennemies des bonnes valeurs de la société islamique, raconte Samir Bargachi. Tout cela est ridicule, mais c’est leur avis et ils profitent de l’ignorance des Marocains sur le sujet».

lundi 16 mars 2009

Label marocanité : Sans fards ni tabous !

Aujourdui le maroc 15/03/2009
L’action de quelques homosexuels qui militent pour que leurs droits soient reconnus au Maroc n’est pas sans jeter un certain embarras. L’offensive médiatique était telle qu’il est bien difficile de faire le sourd-muet. Dans le même temps, en parler relève du terrain glissant tant la matière est emblématique du politiquement correct. Le sujet est donc chatouilleux ! On est dans le registre de la lutte contre la discrimination. C’est le règne de la célébration de la différence. A l’effondrement des idéologies égalitaires, s’est substituée la croyance dans la diversité. Mais gare aux confusions.
Mine de rien, la demande de Ni Putes ni Soumises et celle des homosexuels relèvent des mêmes ressorts. Elles s’inscrivent dans le registre du combat pour les droits d’une catégorie précise supposée minoritaire. Elles participent de la grammaire de l’égalité. Elles s’inspirent l’une et l’autre de la philosophie de la tolérance. Sans vouloir les instrumentaliser cyniquement, elles révèlent, à tout le moins, le bien-fondé de l’évolution démocratique marocaine. Ces demandes testent le Maroc. Le mettent à l’épreuve. Le soumettent aux enchères. C’est de bonne guerre.
Parlons donc «sereinement» de la revendication des homosexuels marocains à l’heure où Sean Penn triomphe avec son Oscar pour «Harvey Milk». Ce combat s’est déployé dans les pays judéo-chrétiens, parmi les plus démocratiques du monde. Dans le cas de la France, il a fallu attendre l’arrivée des socialistes, avec François Mitterrand, pour biffer la criminalisation des homosexuels du Code pénal. Même le Siècle des Lumières était ténébreux pour cette question. Voltaire, tolérant devant l’éternel, parlait «d’attentat contre la nature destructeur du genre humain» et Rousseau n’hésitait pas à qualifier l’homosexualité de «preuve de la corruption des mœurs.» Seul Diderot a eu la détermination d’affirmer que «ce qui est contre nature, ce sont les institutions et ses règles hypocrites qui interdisent les libertés sexuelles». 200 ans de débat, de combat et cinq Républiques plus tard, les gays français pouvaient enfin défiler dans les boulevards parisiens avec d’énormes Gay Pride.
Il faut donc savoir raison garder. Dans ces affaires intimes, le contexte est aussi fondamental, si ce n’est plus, que le texte. On ne peut secouer la société marocaine plus qu’il ne faut. Elle a son rythme, sa propre voilure et ses propres priorités. L’intolérable, c’est que ces questions de société marocaine se délibèrent, de plus en plus, dans des salons parisiens ou madrilènes. Il y a comme un zèle chez certains pour avoir des parapluies étrangers et un protectorat pour défendre leurs idées. Insupportable. C’est là, la vraie indécence.
Par : Driss Ajbali
http://www.aujourdhui.ma/chroniques-details67674.html

samedi 14 mars 2009

Marokko opgeschud door homo-activist

De media in Marokko berichtten al dagen over hem: Samir Bargachi (21), een jonge Marokkaanse homo-activist die in Spanje woont en zijn vaderland bezocht. Hij is de voorzitter van KifKif (twee van hetzelfde), de eerste homobelangenorganisatie in het land.
De meest kranten laten mensen aan het woord die bang zijn voor de gevolgen. Ze hebben het over Westers verval, minachting van de Koran, legalisering van homoseksualiteit en zelfs het invoeren van het verfoeide ‘homohuwelijk naar Nederlands voorbeeld’. Als die ellende ligt op de loer.
De homobeweging heeft al een goedbezochte website die als ideaal heeft: ‘Het discreet proberen de mentaliteit in Marokko tegenover homo’s te verbeteren’. Vooral een interview in dagblad Assabah zorgde voor veel commotie. Hij stond afgebeeld op een foto naast de Spaanse ambassadeur. Dat wordt gezien als een poging van het westen om zich te bemoeien met Marokkaanse leefwijzen en tradities.

Marokko bang voor homo’s en ander westers verval

Zijn wij in Nederland bang dat Marokko teveel invloed wil blijven uitoefenen op haar burgers en ex-burgers in ons land: in Marokko zijn veel mensen huiverig voor westers verval, minachting van de Koran, legalisering van homoseksualiteit en invoering van het homohuwelijk. De Marokkaanse oelema’s (= geleerden die zich in de islam verdiepen, bijvoorbeeld in de sharia) kondigden vorig weekend een fatwa (= juridisch advies van een geleerde) aan tegen de ‘glorificatie’ van homoseksualiteit.
De Marokkaanse homobeweging KifKif (=twee van hetzelfde) heeft een eigen website, die ‘de mentaliteit in Marokko tegenover homo’s op discrete manier wil proberen te verbeteren.’ De media in het land staan vol berichten over een jonge Marokkaanse homoactivist die in Spanje woont en op bezoek is in zijn vaderland: de 21-jarige Samir Bargachi. Hij is de voorzitter van KifKif, de eerste homobelangenorganisatie in Marokko. In een interview in een Marokkaanse krant stond hij ppontedficaal naast de Spaanse ambassadeur. Volgens de Gay krant zien veel Marokkanen daarin een poging van het westen om zich te bemoeien met hun zaken.