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Ces réfugiés sexuels en quête d'une terre d'asile

13/07/2012 - En Afrique, trente-sept pays considèrent toujours l’homosexualité comme un crime. Dans ces Etats, être homosexuels est un calvaire. Parfois mortel.
Pour cette raison, les «persécutions liées à l’identité sexuelle d’un individu sont de plus en plus souvent considérées par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et les législations nationales comme un motif suffisant pour demander l’asile», rapporte Irininews.
Selon la convention de 1951 qui détermine ce statut, est réfugié toute personne craignant pour sa vie en raison de l’«appartenance à un groupe social particulier».
 
De nombreux LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués) n’ont pas accès au droit d’asile. 
En cause, la méconnaissance de leurs droits, mais aussi le rejet de nombreux pays. 
C’est le cas de Cassim Mustapha, homosexuel tanzanien, dont Irinnews rapporte le témoignage. Blessé à la hache par certains membres de sa communauté, Cassim Mustapha a dû quitter son pays pour demander asile au Malawi. 
Refoulé successivement du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe, ce jeune homosexuel s’est présenté à la frontière sud-africaine. L’Afrique du Sud, dont la Constitution protège les homosexuels, a la réputation de bien accueillir ces «réfugiés sexuels». 
Seulement, quand Cassim Mustapha y argue de sa situation d’homosexuel pour demander l’asile, les agents de l’immigration l’arrêtent. Direction la prison. Avant de le déporter au Zimbabwe. Depuis, son avocat n’a plus de nouvelles de lui. 
Selon une étude publiée par People Against Suffering Oppression and Poverty (PASSOP), l’expérience de M. Mustafa ne serait pas la norme. 
Mais force est de constater que la situation de ces réfugiés se détériore en Afrique du Sud. La plupart, contactés par PASSOP, déclarent avoir été victimes de discrimination. En cause, l’homophobie, mais aussi la xénophobie. 
«Rejetés par la communauté des réfugiés à cause de leur orientation ou de leur identité sexuelle, ils ont généralement aussi été exclus de la communauté gay bien établie du Cap à cause de leur statut d’étranger», affirme Irinnews.
Le site d’information rapporte également le quotidien difficile des réfugiés homosexuels dans les pays qui les considèrent comme criminels. 
En tête de liste, l’Ouganda et le Kenya. Dans ces deux Etats, l’association Human Rights First dénonce les menaces qui planent sur ces personnes. 
«La plupart d’entre eux se protègent (…) en déménageant fréquemment ou en cherchant à cacher leur orientation ou leur identité sexuelle», assure Irinnews.
Seule solution, déménager, encore et toujours, pour trouver refuge dans d’autres pays.  
«Pour l’instant, les réfugiés LGBTI du Kenya et d’Ouganda qui ont eu la possibilité de se réinstaller sont rares», estime M. Breen, chercheur pour Human Rights First.
Et d’espérer, pour conclure, une plus ample prise de conscience de la part du HCR concernant les «réfugiés sexuels». 

Lu sur Irinnews

Un homo marocain, fils d’imam, menacé d’expulsion à Bordeaux [AFP]

Karim, homo marocain de 25 ans réfugié à Bordeaux, est depuis décembre sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière, a-t-il déclaré à l’AFP. « Il ne peut pas retourner dans son pays car son père, imam, ne l’acceptera pas et, en raison de son homosexualité, il est passible de trois ans de prison », affirme Maryse Olivier, présidente de l’association Partenia 33 de lutte contre les exclusions, qui le soutient.
Selon l’AFP, Karim s’est rendu au commissariat le 22 décembre pour porter plainte contre son ancien employeur qui aurait profité du fait qu’il n’ait pas de carte de séjour pour l’exploiter. Il a remis son passeport à un policier et est revenu au commissariat le lendemain, pensant qu’il allait être régularisé. Au lieu de ça, le policier lui a remis la décision de reconduite à la frontière. Sur AFP [fr].

France: menacé d'expulsion, un homo dit craindre la prison au Maroc

Bordeaux - Un jeune Marocain, se disant homosexuel et fils d'un imam, a affirmé mardi qu'il risquait la prison dans son pays d'origine s'il venait à être expulsé de France où il est sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière depuis décembre. 

"Je préfère être en prison en France que de retourner au Maroc", a expliqué à l'AFP Karim, 25 ans, qui entend demander à la cour administrative d'appel de Bordeaux (sud-ouest de la France) d'annuler l'arrêt en raison des risques qu'il encourt au Maroc.

"Il ne peut pas retourner dans son pays car son père, imam, ne l'acceptera pas et, en raison de son homosexualité, il est passible de trois ans de prison", affirme Maryse Olivier, présidente d'une association locale de lutte contre les exclusions.

Karim, qui vit désormais caché, a quitté en 2003 le Maroc, où il se sentait discriminé en raison de sa sexualité, pour rejoindre une soeur et un frère installés en France. "Mais ils m'ont abandonné, je me suis retrouvé à la rue", a raconté à l'AFP le jeune homme, enchaînant des petits boulots payés au noir, de Paris à Bordeaux en passant par Marseille (sud).

Il affirme avoir reçu son arrêté de reconduite à la frontière après avoir déposé, en décembre au commissariat de police de Bordeaux, une plainte contre un ancien employeur qui, selon lui, l'exploitait.

Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le 28 décembre un recours de Karim, qui a un mois pour faire appel.

L'association qui soutient le jeune homme et son avocat s'efforcent désormais de rassembler des éléments pour "tenter d'infléchir la cour administrative d'appel". 


AFP le 12 Janvier 2011