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Liban: manifestation contre d'humiliants tests d'homosexualité


11/08/2012 - Des dizaines de personnes ont manifesté samedi devant un tribunal de Beyrouth pour protester contre le recours à un "test" anal pour les hommes soupçonnés d'être homosexuels, une orientation sexuelle illégale dans ce petit pays arabe.
Ce rassemblement fait suite à une opération menée le 28 juillet dans un gay d'un quartier populaire de la capitale libanaise, au de laquelle 36 hommes ont été arrêtés et forcés à subir de tels tests, sous prétexte d'établir leur orientation sexuelle.

L'association Helem, basée au Liban, considérée comme la plus importante association arabe de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, avait lancé un appel à manifester pour rejeter "le test de la honte, vaginal ou anal".
Elle exprimait ainsi sa solidarité avec les femmes soumises à de soi-disant "test de virginité".
"Nous voulons une déclaration claire du ministre de la pour dire que ce type de test doit être complètement interdit et puni par la loi", a indiqué un manifestant, George Azzi.
"Le Conseil des médecins a déclaré que ces tests n'avaient aucune valeur scientifique et il est illégal pour les docteurs de mener ce genre de test, mais rien n'empêche la police de continuer à les réclamer", a-t-il souligné.
Les manifestants arboraient des banderoles condamnant notamment "le viol médico-légal". "Honorable ministre, avant de tester mon anus, ayez au moins l'amabilité de m'inviter à dîner", ironisait une pancarte.
Selon l'article 534 du code pénal libanais les relations sexuelles "contre les lois de la nature" sont illégales, et les contrevenants encourent jusqu'à un an de prison.
AFP

Ennahdha ou quand l'homophobie est érigée en hypocrisie dogmatique

08/08/2012 -Angelo est mort et son meurtrier est en prison. C'est faire un raccourci trop rapide et indécent. Angelo mort et les autorités tunisiennes de transition se réjouissent de l'arrestation de son meurtrier.
Le besoin de comprendre et d'analyser les dessous de ce meurtre va au-delà d'une simple déclaration de façade. Les faits c'est une chose mais le climat délétère que connaît la Tunisie en est une autre. Les dissocier revient à nier l'existence même des faits. La dégradation du climat sécuritaire en Tunisie est un secret de polichinelle comme la montée du racisme, du sexisme, de la misogynie, de l'antisémitisme et de l'homophobie. Ce crime recèle en tous les germes de la crise aiguë que traverse le pays depuis le coup d'État institutionnel du 23 octobre 2011. En confisquant  tous les pouvoirs, Ennahdha aidée par le C.P.R. et Ettakatol est en train de répandre les semis de la haine sur le sol tunisien devenu de plus en plus infertile au bien vivre ensemble légendaire des tunisiens et de leur tolérance pour les homosexuels tel le chanteur homosexuel affiché Ali Riahi  vénéré et adulé par tout un peuple dans les années 50 et 60. Mais sans pour autant dire que les tunisiens étaient tous homophiles. Le meurtre d'Angelo apporte un éclairage sur la place des homosexuels dans la nouvelle Tunisie plutôt la nouvelle suzeraineté wahhabite de Tunisie.  
La question est moins de chercher l'existence d'un lien direct entre le crime lui-même  et les motifs dudit crime. Exécuter un homme avec une telle folie meurtrière et  dans l'indifférence obséquieuse de ses voisins ne doit pas manquer de nous inquiéter tous sur le virage dangereux que négocie actuellement la Tunisie, qui semble emprunter la voie de la barbarie plutôt que celle de la civilisation. Qu'il y ait ou pas  un lien direct entre les motivations du tueur et le caractère homophobe du crime, cela pas être selon un adage tunisien le tamis qui voile le soleil. Le fait même de ne pas voir dans ce meurtre un crime homophobe revient à nier le crime lui-même compte-tenu du fléau homophobe qui ravage le pays. Occulter la portée homophobe du crime c'est dédouaner Ennahdha de toute responsabilité morale et factuelle dans tous les actes les violences  criminelles qui frappent le pays depuis de nombreux mois.  C'est pourquoi, il est indécent  dissocier ce crime de cette atmosphère nauséabonde dans laquelle a plongé Ennahdha le pays. Incapable de gouverner le pays Ennahdha exacerbe les passions, attisant la haine et mène une politique d'intolérance et  de stigmatisation des homosexuels, les femmes, les juifs, les démocrates, les tunisiens adeptes du bien vivre ensemble.
Ce crime quel que soit son caractère est aussi le crime de l'indifférence des voisins musulmans comme cela peut arriver partout dans le monde quand la victime est différente de soi. Quel être humain digne de ce nom peut se garder de dénoncer le comportement lâche et ignoble de ces voisins qui sont aussi pères, mères, cousins, amis d'homosexuels ? Doit-on se garder d'exprimer notre dégoût face à l'attitude obséquieuse de ces enfants, dont certains d'entre eux seront à n'en pas douter des futurs gays, qui trépignaient de joie à la vue de la sortie du corps d'Angelo de chez lui ? Le moquant à l'envi et l'abreuvant d'injures homophobes comme s'il pouvait les entendre. Évidemment qu'aux yeux des bonnes âmes tunisiennes ils sont innocents et inconscients de la gravité de leurs paroles. Une drôle de conception de l'innocence toutefois. Cependant, ils sont sans rappeler ces enfants libyens que leurs pères indignes les ont amenés pour leur montrer le cadavre de Kadhafi enveloppé dans un linceul de mouches et de moucherons. En les laissant jouir de la vue du spectacle du corps sans vie d'Angelo, leurs parents sont aussi coupables que le meurtrier d'Angelo. Le cadavre d'un homme n'a pas à être exhibé à la vue des enfants. Il est impossible que l'on fasse abstraction de tout cela et de réduire ce crime ignoble et barbare à sa seule dimension factuelle. Comme on peut se demander si Angelo était musulman, est-ce que ces voisins seraient venus à son secours ? Se poser une telle question c'est y répondre.
A croire que ses voisins musulmans auraient compati s'il était leur coreligionnaire. En quoi sont-ils musulmans quand on connaît réellement la Sirate du Prophète et sa grande sollicitude pour son voisin juif. Quoiqu'il en soit, ils se rendus coupables de crime pour non-assistance de personne en danger, à moins que ce type de forfait n'existe pas dans le droit pénal tunisien. Beaucoup de questions resteront sans doute sans réponses. Pourquoi toute hostilité dogmatique à l'égard de l'homosexualité en Tunisie depuis la colonisation du pays par l'organisation sectaire d'Ennahdha ? Pourquoi ce qui était plus ou moins toléré, ne l'est plus aujourd'hui avec la wahhabisation des esprits ? Pourquoi cette diabolisation de l'autre sur le seul critère sexuel comme si l'on avait peur de découvrir sa propre identité à travers la sienne ? On tue toujours ce qui est trop proche de soi dans les sociétés soi-disant puritaines où règnent pourtant l'inceste et la pédophilie à l'instar de l'Arabie Saoudite ? Ennahdha la chaste à l'hymen recousue est un ramassis de pédophiles à l'image de R. Ghannouchi et son lieutenant Ali Laaraiedh secouru par classer tout simplement la mort d'un homme d'être le reflet de leur identité sexuelle refoulée. La posture islamiste consiste à dire et à faire tout le contraire de ce qu'on est. Les islamistes se drapent dans la vertu pour masquer leur propre nature homosexuelle, et pire encore pédophile. Comme il est fréquent d'entendre les partenaires tunisiens des homosexuels afficher ouvertement leur rejet de leur propre homosexualité en considérant leurs actes comme une simple manifestation de leur virilité masculine. Le paradoxe chez eux, je couche avec les homos mais je ne suis pas moi-même homo. Ce crime à défaut d'être directement imputable à Ennahdha, il révèle l'aversion que les islamistes et non seulement pour les homosexuels. Il suffit d'entendre les réactions de certains qui se veulent modernistes pour mesurer combien la frontière est mince entre les pseudos modernistes et les islamistes en Tunisie face à la question de l'homosexualité. Toujours cette peur phobique de se regarder dans son miroir. Toujours ce déni de soi et de sa propre histoire jalonnée de faits et actes de pédophilie, un véritable fléau chez les arabes depuis la nuit des temps. Al ghulam. La pédophile qui est crime n'est pas perçue comme telle alors que l'homosexualité qui ne l'est pas est assimilée à un crime et un sacrilège. De toutes les façons, les populations arabisées ne sont pas à une tartuferie près. Hypocrites et bigots, ils se voilent la face et se murent dans leurs certitudes pour ne pas se cacher d'eux-mêmes. Capables de tuer leurs semblables qui vivent au grand jour leurs libertés humaines. Ce crime odieux est l'illustration de leur ethnocentrisme érigé en dogme. Et si c'était justement cet ethnocentrisme qui serait le motif du meurtre d'Angelo. C'est le mépris de ce qui est différent de soi, l'indifférence coupable, l'obscurantisme, l'endoctrinement religieux, les appels au meurtre encouragés et initiés par Ennahdha, sont autant de motifs que celui qui a guidé les mains du meurtrier à l'origine de cette mise à mort d'un innocent. En conclusion, Ennahdha qui rêve tant de la renaissance du Califat sait-elle que le plus grand Calife musulman de l'histoire avait pour amant le plus grand poète arabe de tous les temps Abou Nawas ? L'homosexualité ce n'est pas l'autre c'est soi. Mais comme le déni psychotique est une vertu dogmatique, Ennahdha est comme ce chameau qui ne veut pas regarder sa bosse de peur de se couper la tête.

source: http://www.tunisie-news.com 

Liban: Offensive télévisée contre les gays dans les cinémas pornos


30/07/2012 - Samedi, 36 homosexuels présumés ont été arrêtés au Cinéma Plaza de Beyrouth. L'opération fait suite à une campagne homophobe menée par Joe Maalouf, star d'une chaîne locale. Or ce dernier serait lui-même gay.
Beyrouth a beau être l'une des seules capitales du Moyen-Orient où la vie gay s'exprime de manière relativement paisible, elle n'est pas à l'abri des persécutions policière. Preuve en est le raid qui s'est produit samedi dans l'un des cinémas érotiques les plus populaires – en tant que lieu de drague – auprès des gays libanais. Sur la base d'un reportage de la chaîne MTV Al-Lubnaniya, le site britannique GayStarNews rapporte que 36 personnes ont été arrêtées au Cinéma Plaza. Parmi elles figurerait le propriétaire de cette salle. Les caméras de la chaîne étaient apparemment sur place, dans le quartier chaud de Bourj Hammoud (dans l'est de la ville) au moment de l'opération. 

La salle a été fermée et mise sous scellés – pour la troisième fois, selon le reportage de MTV. La plupart des hommes interpellés, dont on ignore le sort à l'heure actuelle, seraient des «pervers sexuels», un terme utilisé en arabe pour désigner les homosexuels, et certains auraient été pris en flagrant délit. L'association LGBT locale Helem prévoit d'apporter un soutien juridique aux clients arrêtés. 

Caméra cachée

GayStarNews note que cette descente de police médiatisée intervient alors que l'un des programmes les plus populaires de MTV, l'émission «Inta Hurr» (Tu es libre) mène une campagne antigay depuis plusieurs mois. Le 8 mai dernier, elle avait ainsi introduit une caméra cachée dans un autre cinéma porno. C'était dans la deuxième ville du pays, Tripoli. MTV avait diffusé des scènes de rencontres homosexuelles plutôt explicites – et surtout sans dissimuler les visages des clients. Après une protestation de Helem, le programme avait été retiré (et la salle fermée par la police). 

Depuis, le jeune et fringant présentateur de «Inta Hurr», Joe Maalouf, poursuit néanmoins ses diatribes aux accents homophobes, réclamant la fermeture des cinémas porno. Mais l'ironie est que Maalouf serait lui-même homosexuel. C'est en tout cas ce qu'affirme Georges Azzi, fondateur de Helem et actuel dirigeant de la Fondation arabe pour les libertés et l'égalité. Sur Facebook, il a commenté l'affaire en ces termes: «Je ne sais pas ce qui est le plus triste: que Joe Maalouf soit gay (et bien connu par la communauté gay) et qu'il travaille pour une chaîne conservatrice se prenant pour la police de la moralité ou le fait que ce jeune homo dans le placard avec son programme stupide puisse mobiliser la police comme aucun autre mouvement.»

Liberté sexuelle : Une polémique de plus !

13/07/2012 - Le débat sur la liberté sexuelle bat son plein depuis quelques temps. Evoqué en premier par l’AMDH (Association marocaine des droits de l’Homme), à travers sa présidente Khadija Ryadi, l’idée de la dépénalisation des relations sexuelles en dehors de l’institution du mariage continue de chauffer les débats de manière très surprenante. Au-delà des conversations de salons et autres cafés, la question a été même été abordée au Parlement. Entre ceux qui revendiquent la liberté individuelle de tout un chacun dans quelques domaines que ce soient, et ceux qui crient au scandale, à l’incitation à la débauche, … les esprits se chauffent.  Le point culminant fut la déclaration d’un journaliste pour qui «sa mère», «sa sœur» et «sa fille» peuvent disposer librement de leur corps ; suivie de la réaction d’un Imam Oujdi pour que chacun y aille de ses propres interprétations et arguments pour grossir encore et encore le débat. Lequel débat, paraît aujourd’hui, assez déplacé. A-t-on réglé tous les problèmes des Marocains pour penser à leur sexualité ? L’école marocaine est au top, le système de santé est parfait, on a éradiqué la corruption, on a réglé le problème des SDF, les transports en commun sont disponibles, les droits des filles en milieu rural, le harcèlement sexuel, ….. et la liste est loin d’être finie. Et là, nous sommes assez surpris que les associations féministes ne se sont pas trop fait entendre sur la question. «Pour des femmes souvent considérées comme des objets sexuels, cele ne risque-t-il pas d’enfoncer le clou ?»

Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un faux débat. Le code pénal dans son article 490 criminalise les relations sexuelles entre deux adultes non mariés, mais en réalité, il est peu ou pas appliqué. «Il s’agit d’un interdit toléré», lance M.Barkaoui sociologue à Casablanca. Et de poursuivre «la société marocaine a beaucoup évolué».


En effet, il n y a qu’à faire un tour sur la corniche et autres quartiers branchés de Casablanca pour s’apercevoir, que des jeunes couples s’embrassent, s’enlacent, se caressent, …sans la moindre gêne et sans que personne ne les dérange et sans pour autant être taxées de filles de légères moeurs. De même la majeure partie des établissements hôteliers classés  ne demandent quasiment jamais à leurs clients de présenter un justif de mariage. « Cela veut dire que le Maroc est une société tolérante. S’il est vrai que la religion musulmane est celle de l’Etat, on n’est pas très regardant au fond. Celui qui veut être pieux le peut, celui qui choisit d’être libertin le peut également. Aujourd’hui, la majeure partie des mariages au Maroc, à l’exception des campagnes, se font après que le couple se soit fréquenté, voyagé ou vécu ensemble. Il arrive souvent que des étudiants ou des jeunes cadres loin de leur famille partagent le même appart pendant des années avant d’officialiser leur union. Et c’est souvent un secret de Polichinelle.», explique le sociologue.

Est-ce à dire que la société marocaine souffre de schizophrénie, ou plutôt une société tolérante tout simplement ? Si on se réfère à la Constitution, il est clair que l’Islam est la religion de l’Etat. Par conséquent, abroger l’article 490 du code pénal voudrait tout simplement dire qu’il faut une nouvelle réforme de la Constitution.

Leila Ouazry

Benkirane, ou l’obscurantisme d’Etat



« Le MALI met l’Etat marocain face à ses responsabilités quant à son immobilisme et sa passivité devant les propos illégaux, menaçants et néfastes de M. Benkirane et de son parti. »


Lors d’un meeting de la jeunesse du Parti Justice et Développement (PJD) tenu le 10 juin à Témara (Maroc), Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, a déclaré que son parti n’hésiterait pas à mener campagne pour voter contre la nouvelle constitution si celle-ci consacrait les Libertés Individuelles, notamment la liberté de croyance et la liberté sexuelle.

Pour étayer ses propos, il a déclaré :

« Les laïques veulent répandre le vice parmi ceux qui ont la foi, ils veulent que dorénavant, les citoyens puissent proclamer le pêché. Que ceux qui veulent manger pendant le ramadan le fassent chez eux ! Leur a-t-on jamais reproché pareille chose? Mais ces gens-là veulent faire des pique-niques pour manger pendant le ramadan, pourquoi ? Pour que vos enfants les voient et osent violer les interdits de Dieu. Et ils veulent, probablement, du moins d’après ce que nous avons entendu, proclamer la liberté sexuelle.  Ils veulent que la déviation sexuelle (l’homosexualité), qui certes, a toujours existé, devienne répandue et qu’elle se proclame publiquement. Cela, le PJD le refuse. Que celui qui porte en lui de tels immondices se cache, car s’il nous montre sa face, nous lui appliquerons les châtiments de Dieu ».

Faut-il rappeler que les « châtiments de Dieu », tels que M. Benkirane les a évoqués en langue arabe « Houdoud Allah », font référence à un concept théologique précis, celui des châtiments corporels : la peine de mort pour l’apostat et la lapidation pour les « fornicateurs ».

Ces propos, non seulement haineux et orduriers, sont illégaux, car ils se substituent à la justice et appellent à l’exercice de la violence envers un groupe de personnes en raison de leurs croyances ou leur orientation sexuelle. M. Benkirane a fait preuve d’irrespect envers les Marocains dans un discours noyé dans les préjugés et l’ignorance, mettant en exergue des motivations profondément obscurantistes visant au rejet de l’Autre. Ce discours fascisant est d’autant plus inacceptable qu’il n’émane pas d’un cheikh salafiste isolé, mais du leader du principal parti d’opposition du Maroc. Ces propos aux relents de terreur et d’inquisition sont d’autant plus irrecevables de la part d’un parti qui a la prétention un jour d’accéder au pouvoir.

M. Benkirane, qui définit son parti comme une formation islamiste « modérée », dessine lui-même par son discours agressif les limites d’un tel concept. Discrimination, anathème, homophobie, rejet de l’autre et de citoyenneté, quelle différence y a-t-il entre le discours de M. Benkirane, et de son parti le PJD, et le salafisme le plus belliqueux ? En faisant l’apologie des tribunaux de la charia, M. Benkirane ne dévoile pas seulement le dessein, somme toute perceptible, du parti rétrograde et obscurantiste qu’il dirige, mais jette l’opprobre sur l’Etat marocain qui se plaît à se définir comme tolérant et modéré, alors qu’il mène volontiers une chasse aux sorcières contre les militants laïques, pacifiques et humanistes du Mali, tout en laissant libre cours à des discours aussi dégradants et dangereux que celui de M. Benkirane.

L’Etat marocain doit clairement condamner ses propos. En tergiversant sur les valeurs universelles de liberté, de tolérance et de démocratie, il risque d’entériner le discours des ténèbres que véhiculent M. Benkirane et ses partisans. Dans un Etat démocratique, où le pouvoir judiciaire remplit son devoir en toute indépendance, l’institution de la justice devrait s’autosaisir afin de poursuivre M. Benkirane, ou tout auteur de propos similaires, pour appel à la haine, incitation à la violence, et violation des lois universelles garantissant les libertés individuelles et publiques.

Par son silence face à des propos aussi dangereux, l’Etat marocain se fait complice de M. Benkirane et de son obédience de pensée obscurantiste, et accepte, ce faisant, que ses idées soient portées sur la place publique, voire instituées en dogme inquisiteur, celui de la pensée unique.

Considérant que les déclarations de M. Benkirane sont d’une extrême gravité, qu’elles portent atteinte à la liberté et la dignité humaine, le MALI met l’Etat marocain face à ses responsabilités quant à son immobilisme et sa passivité devant les propos illégaux, menaçants et néfastes de M. Benkirane et de son parti.

MALI ? Qu’ai-je de différent ?
Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles
Rabat, le 16 juin 2011

Benkirane sobre los gays: "El que cae en estas marranadas debería esconderse"



El rey Mohamed VI dará a conocer hoy por la noche, en un discurso a la nación, la nueva Constitución de Marruecos, según anunció el palacio real. Pedirá además a sus súbditos que la aprueben en referéndum en julio. Con esta reforma de su sistema político, Marruecos intenta sintonizar con los aires de cambio que soplan en el mundo árabe, pero sorteando los sobresaltos de las revoluciones de Túnez o Egipto.

El monarca recibió el viernes pasado, de manos del Abdelatif Menouni, presidente de la comisión encargada de revisar la Carta Magna, el proyecto de nueva Constitución que también fue consultado con partidos y sindicatos.

Pero pese a las prisas que le metió el soberano, el texto no ha sido aún divulgado. Las pegas formuladas por el Partido de la Justicia y del Desarrollo (PJD), formación islamista legal y primera fuerza de oposición parlamentaria, han impedido cumplir con el calendario, según fuentes conocedoras del procedimiento.
El islam es la religión del Estado, pero la libertad de conciencia está garantizada por la ley, reza, en sustancia, la nueva Constitución. Al PJD le parece que el reconocimiento de esa libertad sobra.
"Somos partidarios de la libertad de conciencia, pero tememos las consecuencias de esta formulación sobre nuestra identidad islámica", declaró a la agencia France Presse Abdelilá Benkirane, líder del PJD. "¿Significa eso que los laicos estarán autorizados a romper públicamente el ayuno durante el mes de Ramadán?", se preguntó.
Benkirane abordó el tema en un mitin en Temara el viernes pasado. "Si el soberano adopta [esa formulación] tendremos un serio problema", advirtió. "Marruecos es un país musulmán en el que la religión de Estado es el islam, y no hay que tocar esos principios fundamentales", añadió Benkirane.
En Marruecos la libertad de culto está hoy en día garantizada para cristianos, judíos..., pero no así la libertad de conciencia. Un musulmán no puede cambiar de religión o dejar incluso de practicar la suya en público, como sucedió el año pasado cuando un puñado de jóvenes quisieron romper el ayuno en un parque de Mohamedia.
Benkirane dedicó el resto del mitin a arremeter contra los homosexuales. "Corremos el riesgo [con la nueva Constitución] de ver a personas que declaren públicamente que son unos desviados sexuales", se indignó. "En el PJD rechazamos esta situación. El que cae en estas marranadas debería esconderse", concluyó. Justicia y Espiritualidad, el gran movimiento islamista no legal, guarda, en cambio, silencio sobre la estos aspectos de la reforma constitucional.
Mohamed VI anunció la reforma en un discurso a la nación el 9 de marzo, 17 días después de que los jóvenes del Movimiento 20 de Febrero empezaran a echarse a la calle para exigir que el país se adentre en la senda democrática.

Fuente: El País (Ignacio Cembrero) 17/06/2011

France: menacé d'expulsion, un homo dit craindre la prison au Maroc

Bordeaux - Un jeune Marocain, se disant homosexuel et fils d'un imam, a affirmé mardi qu'il risquait la prison dans son pays d'origine s'il venait à être expulsé de France où il est sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière depuis décembre. 

"Je préfère être en prison en France que de retourner au Maroc", a expliqué à l'AFP Karim, 25 ans, qui entend demander à la cour administrative d'appel de Bordeaux (sud-ouest de la France) d'annuler l'arrêt en raison des risques qu'il encourt au Maroc.

"Il ne peut pas retourner dans son pays car son père, imam, ne l'acceptera pas et, en raison de son homosexualité, il est passible de trois ans de prison", affirme Maryse Olivier, présidente d'une association locale de lutte contre les exclusions.

Karim, qui vit désormais caché, a quitté en 2003 le Maroc, où il se sentait discriminé en raison de sa sexualité, pour rejoindre une soeur et un frère installés en France. "Mais ils m'ont abandonné, je me suis retrouvé à la rue", a raconté à l'AFP le jeune homme, enchaînant des petits boulots payés au noir, de Paris à Bordeaux en passant par Marseille (sud).

Il affirme avoir reçu son arrêté de reconduite à la frontière après avoir déposé, en décembre au commissariat de police de Bordeaux, une plainte contre un ancien employeur qui, selon lui, l'exploitait.

Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté le 28 décembre un recours de Karim, qui a un mois pour faire appel.

L'association qui soutient le jeune homme et son avocat s'efforcent désormais de rassembler des éléments pour "tenter d'infléchir la cour administrative d'appel". 


AFP le 12 Janvier 2011

Les oulémas marocains lancent une fatwa contre «l’apologie de l’homosexualité»

La Rédaction 20 Mars 2009
Les religieux ont vivement riposté à la visite dans le royaume chérifien de Colegas, la confédération des associations LGBT espagnoles. La réaction ne s’est pas fait attendre. Le Conseil supérieur des oulémas du Maroc a lancé la semaine dernière une fatwa contre la «glorification de l’homosexualité» après une visite de la confédération des associations LGBT espagnoles (Colegas) sur le sol marocain. L’instance religieuse aurait justifié sa décision par le fait que «l’Etat marocain doit avoir une politique contre ce genre de déviances». Cette décision fait suite à la tournée de Colegas au Maroc, du 19 au 26 février derniers. Une visite guidée par Kifkif, un groupe LGBT marocain qui lutte contre l’homophobie. «Nous avons tenu des rendez-vous et des réunions avec différentes associations, missions diplomatiques étrangères et la presse, concernant les progrès des droits humains au Maroc», a expliqué à TÊTU (magazine français) Samir Bargachi, le jeune leader de Kifkif. Colegas souligne avoir pris les précautions pour «éviter des confrontations inutiles avec les islamistes». En vain. L’initiative a fait grincer des dents les extrémistes. «La presse islamiste a laissé entendre que Kifkif fait partie du “lobby gay” et que nous recevons un appui d’organisations et ambassades étrangères ennemies des bonnes valeurs de la société islamique, raconte Samir Bargachi. Tout cela est ridicule, mais c’est leur avis et ils profitent de l’ignorance des Marocains sur le sujet».

Samir Bergachi. La situation des homosexuels s’est améliorée (Tel Quel)


Kifkif, association d’homosexuels marocains, basée à Madrid, vient de clôturer une série de rencontres avec des ONG locales. Son coordinateur général fait le point sur cette première.
Vous dirigez la première association d’homosexuels marocains, Kifkif. Quels sont vos principaux objectifs ?
Avant tout, sensibiliser. Notre but est de faire évoluer les mentalités pour que les gens arrêtent de voir les homosexuels comme des pestiférés et de confondre homosexualité et pédophilie. Nous informons
les homosexuels de leurs droits et soutenons ceux qui ont des difficultés à s’intégrer à la société ou des problèmes avec leurs familles.
Comment agissez-vous au quotidien ?
Notre site web, une revue en ligne et un numéro de téléphone actif 24h/24, proposent de nombreux conseils. Nous recevons des coups de fil de tout le Maroc, et même, pour la petite histoire, des camps de Tindouf. A chaque fois que des homosexuels sont victimes d’une injustice, nous nous mobilisons. Lors de l’affaire de Tétouan en 2004, par exemple, qui a donné le déclic pour nous regrouper, nous étions derrière la mobilisation internationale qui a permis la libération des 42 homosexuels arrêtés à l’époque. Nous leur avons même permis d’obtenir l’asile politique en France, en Espagne ou au Canada.
Votre mouvement est basé en Espagne. Il est impossible, selon vous, de défendre les homosexuels au Maroc ?
Nous avons opté pour l’exil en Espagne car la législation est plus tolérante qu’au Maroc. Au début, nous étions un groupe d’internautes à vouloir réunir les homosexuels marocains. Après avoir monté un site web de soutien aux homosexuels qui ont été arrêtés à Tétouan, nous avons organisé des rencontres dans des maisons, des cafés, des bars. Puis nous avons ressenti le besoin de donner naissance à une structure légale et reconnue.
Avez-vous tenté de créer une antenne marocaine ?
Nous n’avons fait aucune démarche dans ce sens, car nous ne nous faisons aucune illusion. L’état ne permettra pas, du moins à l’heure actuelle, la création d’une association d’homosexuels au Maroc, cela pourrait irriter les islamistes, les conservateurs, les radicaux… Ce qui est, en soit, compréhensible.
Et le financement, vous le trouvez où ?
Les mauvaises langues avancent que nous sommes instrumentalisés et financés par le mouvement gay international qui cherche, à travers nous, à pénétrer les pays musulmans. C’est totalement insensé. Nous vivons des dons de membres et de sympathisants, du Maroc et d’ailleurs.
Quel était le but de votre récente visite dans le royaume ?
Je suis venu m’entretenir avec des associations de défense des droits humains sur la question de l’homosexualité. J’ai rencontré Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH (Association marocaine des droits humains), et Khadija Rouissi, présidente de l’association Bayt Al Hikma. L’AMDH nous a annoncé qu’elle lancerait, bientôt, une campagne contre la pénalisation de l’homosexualité.
Avez-vous rencontré des officiels marocains durant votre séjour ?
Non. Nous n’avons pas cherché à le faire et, de toute façon, ils n’auraient jamais accepté de s’asseoir à la même table que nous. Mais plusieurs ambassadeurs étrangers en poste à Rabat, dont celui d’Espagne, m’ont reçu et écouté avec beaucoup d’attention.
Et les partis politiques, vous les avez approchés ?
Non plus. Les hommes politiques marocains ne tiennent pas à se mouiller dans des questions épineuses et ils n’ont aucun pouvoir de changer quoi que ce soit.
Les autorités marocaines ne vous ont-elles pas inquiété au cours de votre séjour ?
Non. Les autorités marocaines ne font pas une fixation sur les homosexuels. Ils ne sont pas traqués comme dans de nombreux pays. Tant mieux.Mais la situation actuelle des homosexuels au Maroc n’est pas toute rose, non plus ?Si on compare le Maroc à l’Egypte, l’Arabie Saoudite ou le Yémen, on devrait être content. Mais à voir comment sont traités les homosexuels au Liban ou en Turquie, il reste beaucoup de travail. Une chose est sûre : la situation des homosexuels marocains a progressé ces dernières années. Aujourd’hui, la presse, excepté celle proche des islamistes, ne nous qualifie plus de malades et nous nous réunissons dans des endroits publics. Car, je le répète, nous avons le droit d’exister et de vivre notre différence. Mais le regard de l’autre est toujours présent. J’ai des amis homosexuels qui ne se rendent pas à l’hôpital lorsqu’ils sont malades, pour ne pas avoir à subir ce regard.
Les choses peuvent-elles changer, dans le futur ?
Il le faudra bien. Les homosexuels ne sont pas des extraterrestres. Et les spécificités religieuses et culturelles du Maroc ne sont pas une raison pour laisser un grand nombre de nos concitoyens sur le bord de la route. Je le rappelle, l’orientation sexuelle de chacun relève de la sphère privée.
Bio-express. Qui est Samir Bergachi ?
Malgré son jeune âge (22 ans), Samir Bergachi est déjà une célébrité… dans le milieu gay marocain. Et pour cause, ce Nadori d’origine, installé en Espagne, dirige “l’une des premières associations d’homosexuels dans le monde arabe”. Mais avant d’en arriver là, la route a été longue. Samir Bergachi a d’abord goûté au quotidien pénible d’un jeune homosexuel en terre d’islam. “J’ai fait mes études primaires et secondaires à Nador, une ville très conservatrice. Je me souviens du regard des gens, de leurs commentaires… Mais j’ai eu plus de chance que d’autres homosexuels marocains. Mes parents m’ont toujours accepté tel que je suis”. Le tournant décisif de la (courte) vie de Samir Bergachi : les événements de Tétouan, en 2004, qui ont débouché sur la création de Kifkif. “Suite à cette affaire, j’ai pris conscience de la nécessité de nous battre ouvertement pour nos droits”, explique le jeune licencié en… civilisation et culture islamiques.