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Ennahdha ou quand l'homophobie est érigée en hypocrisie dogmatique

08/08/2012 -Angelo est mort et son meurtrier est en prison. C'est faire un raccourci trop rapide et indécent. Angelo mort et les autorités tunisiennes de transition se réjouissent de l'arrestation de son meurtrier.
Le besoin de comprendre et d'analyser les dessous de ce meurtre va au-delà d'une simple déclaration de façade. Les faits c'est une chose mais le climat délétère que connaît la Tunisie en est une autre. Les dissocier revient à nier l'existence même des faits. La dégradation du climat sécuritaire en Tunisie est un secret de polichinelle comme la montée du racisme, du sexisme, de la misogynie, de l'antisémitisme et de l'homophobie. Ce crime recèle en tous les germes de la crise aiguë que traverse le pays depuis le coup d'État institutionnel du 23 octobre 2011. En confisquant  tous les pouvoirs, Ennahdha aidée par le C.P.R. et Ettakatol est en train de répandre les semis de la haine sur le sol tunisien devenu de plus en plus infertile au bien vivre ensemble légendaire des tunisiens et de leur tolérance pour les homosexuels tel le chanteur homosexuel affiché Ali Riahi  vénéré et adulé par tout un peuple dans les années 50 et 60. Mais sans pour autant dire que les tunisiens étaient tous homophiles. Le meurtre d'Angelo apporte un éclairage sur la place des homosexuels dans la nouvelle Tunisie plutôt la nouvelle suzeraineté wahhabite de Tunisie.  
La question est moins de chercher l'existence d'un lien direct entre le crime lui-même  et les motifs dudit crime. Exécuter un homme avec une telle folie meurtrière et  dans l'indifférence obséquieuse de ses voisins ne doit pas manquer de nous inquiéter tous sur le virage dangereux que négocie actuellement la Tunisie, qui semble emprunter la voie de la barbarie plutôt que celle de la civilisation. Qu'il y ait ou pas  un lien direct entre les motivations du tueur et le caractère homophobe du crime, cela pas être selon un adage tunisien le tamis qui voile le soleil. Le fait même de ne pas voir dans ce meurtre un crime homophobe revient à nier le crime lui-même compte-tenu du fléau homophobe qui ravage le pays. Occulter la portée homophobe du crime c'est dédouaner Ennahdha de toute responsabilité morale et factuelle dans tous les actes les violences  criminelles qui frappent le pays depuis de nombreux mois.  C'est pourquoi, il est indécent  dissocier ce crime de cette atmosphère nauséabonde dans laquelle a plongé Ennahdha le pays. Incapable de gouverner le pays Ennahdha exacerbe les passions, attisant la haine et mène une politique d'intolérance et  de stigmatisation des homosexuels, les femmes, les juifs, les démocrates, les tunisiens adeptes du bien vivre ensemble.
Ce crime quel que soit son caractère est aussi le crime de l'indifférence des voisins musulmans comme cela peut arriver partout dans le monde quand la victime est différente de soi. Quel être humain digne de ce nom peut se garder de dénoncer le comportement lâche et ignoble de ces voisins qui sont aussi pères, mères, cousins, amis d'homosexuels ? Doit-on se garder d'exprimer notre dégoût face à l'attitude obséquieuse de ces enfants, dont certains d'entre eux seront à n'en pas douter des futurs gays, qui trépignaient de joie à la vue de la sortie du corps d'Angelo de chez lui ? Le moquant à l'envi et l'abreuvant d'injures homophobes comme s'il pouvait les entendre. Évidemment qu'aux yeux des bonnes âmes tunisiennes ils sont innocents et inconscients de la gravité de leurs paroles. Une drôle de conception de l'innocence toutefois. Cependant, ils sont sans rappeler ces enfants libyens que leurs pères indignes les ont amenés pour leur montrer le cadavre de Kadhafi enveloppé dans un linceul de mouches et de moucherons. En les laissant jouir de la vue du spectacle du corps sans vie d'Angelo, leurs parents sont aussi coupables que le meurtrier d'Angelo. Le cadavre d'un homme n'a pas à être exhibé à la vue des enfants. Il est impossible que l'on fasse abstraction de tout cela et de réduire ce crime ignoble et barbare à sa seule dimension factuelle. Comme on peut se demander si Angelo était musulman, est-ce que ces voisins seraient venus à son secours ? Se poser une telle question c'est y répondre.
A croire que ses voisins musulmans auraient compati s'il était leur coreligionnaire. En quoi sont-ils musulmans quand on connaît réellement la Sirate du Prophète et sa grande sollicitude pour son voisin juif. Quoiqu'il en soit, ils se rendus coupables de crime pour non-assistance de personne en danger, à moins que ce type de forfait n'existe pas dans le droit pénal tunisien. Beaucoup de questions resteront sans doute sans réponses. Pourquoi toute hostilité dogmatique à l'égard de l'homosexualité en Tunisie depuis la colonisation du pays par l'organisation sectaire d'Ennahdha ? Pourquoi ce qui était plus ou moins toléré, ne l'est plus aujourd'hui avec la wahhabisation des esprits ? Pourquoi cette diabolisation de l'autre sur le seul critère sexuel comme si l'on avait peur de découvrir sa propre identité à travers la sienne ? On tue toujours ce qui est trop proche de soi dans les sociétés soi-disant puritaines où règnent pourtant l'inceste et la pédophilie à l'instar de l'Arabie Saoudite ? Ennahdha la chaste à l'hymen recousue est un ramassis de pédophiles à l'image de R. Ghannouchi et son lieutenant Ali Laaraiedh secouru par classer tout simplement la mort d'un homme d'être le reflet de leur identité sexuelle refoulée. La posture islamiste consiste à dire et à faire tout le contraire de ce qu'on est. Les islamistes se drapent dans la vertu pour masquer leur propre nature homosexuelle, et pire encore pédophile. Comme il est fréquent d'entendre les partenaires tunisiens des homosexuels afficher ouvertement leur rejet de leur propre homosexualité en considérant leurs actes comme une simple manifestation de leur virilité masculine. Le paradoxe chez eux, je couche avec les homos mais je ne suis pas moi-même homo. Ce crime à défaut d'être directement imputable à Ennahdha, il révèle l'aversion que les islamistes et non seulement pour les homosexuels. Il suffit d'entendre les réactions de certains qui se veulent modernistes pour mesurer combien la frontière est mince entre les pseudos modernistes et les islamistes en Tunisie face à la question de l'homosexualité. Toujours cette peur phobique de se regarder dans son miroir. Toujours ce déni de soi et de sa propre histoire jalonnée de faits et actes de pédophilie, un véritable fléau chez les arabes depuis la nuit des temps. Al ghulam. La pédophile qui est crime n'est pas perçue comme telle alors que l'homosexualité qui ne l'est pas est assimilée à un crime et un sacrilège. De toutes les façons, les populations arabisées ne sont pas à une tartuferie près. Hypocrites et bigots, ils se voilent la face et se murent dans leurs certitudes pour ne pas se cacher d'eux-mêmes. Capables de tuer leurs semblables qui vivent au grand jour leurs libertés humaines. Ce crime odieux est l'illustration de leur ethnocentrisme érigé en dogme. Et si c'était justement cet ethnocentrisme qui serait le motif du meurtre d'Angelo. C'est le mépris de ce qui est différent de soi, l'indifférence coupable, l'obscurantisme, l'endoctrinement religieux, les appels au meurtre encouragés et initiés par Ennahdha, sont autant de motifs que celui qui a guidé les mains du meurtrier à l'origine de cette mise à mort d'un innocent. En conclusion, Ennahdha qui rêve tant de la renaissance du Califat sait-elle que le plus grand Calife musulman de l'histoire avait pour amant le plus grand poète arabe de tous les temps Abou Nawas ? L'homosexualité ce n'est pas l'autre c'est soi. Mais comme le déni psychotique est une vertu dogmatique, Ennahdha est comme ce chameau qui ne veut pas regarder sa bosse de peur de se couper la tête.

source: http://www.tunisie-news.com 

Un couple lapidé par des islamistes au Mali


Mis en ligne le 31/07/2012

A Aguelhok, dans le nord du Mali, un couple a été lapidé hier parce qu’il n’était pas marié, et avait deux enfants. Cette ville  est contrôlée par le groupe armé islamiste Ansar Dine, allié d’al-Qaïda au Maghreb islamique dans la région. Elle a été désertée par la grande majorité de ses 3.000 habitants.
 
Ils ont été lapidés parce qu’ils n’étaient pas mariés, et avaient eu deux enfants. Les islamistes sont allés les chercher dans la brousse et les ont ramenés en ville, à Aguelhok, dans le nord du pays. Devant une foule d’environ 200 personnes, l’homme et la femme ont été mis chacun dans un trou puis lapidés.
« Dès les premiers coups, la femme s’est évanouie » ; l’homme, lui, « a crié une fois », racontent des témoins, des élus de la région. Pour la première fois depuis qu’ils contrôlent le nord du Mali, des islamistes ont donc procédé à une lapidation publique jusqu’à ce que mort s’ensuive.

On avait déjà rapporté des coups de fouet pour les buveurs d’alcool, les fumeurs, les couples illégitimes, mais pas de lapidation.

Source

«Jihad anal»: la rumeur qui affole la droite américaine


15/07/2012 -  Un chercheur affirme qu'une fatwa encourage les candidats au martyre à s'introduire des explosifs dans l'anus. Un canular grossier, pourtant accrédité par le magazine gay «The Advocate».

C'est un bien étrange débat qui oppose en ce moment les sites néconservateurs aux forums de gauche américains. Après avoir fabriqué des slips piégés*, les jihadistes sont-ils capables de se fourrer des explosifs dans le derrière, voire de s'initier à la sodomie, afin de commettre des attentats suicides? Cette question stupéfiante a surgi la semaine dernière dans une publication signée de l'Américain Raymond Ibrahim, un chercheur arabisant du Gatestone Institute, un think-tank classé à l'extrême droite. Il commente longuement une vidéo de 2010 trouvée sur YouTube et qui prouve, selon lui, qu'il existe une fatwa autorisant la sodomie à des fins guerrières. Dans la séquence, qui provient de la chaîne Fadak TV, un homme que Ibrahim désigne comme le Sheikh Abu al-Dima al-Qasab, expliquerait que «Si le jihad ne peut être mené qu'à travers la sodomie, alors il n'y a rien de mal à ça». Le chercheur avance que le sheikh aurait «autorisé» le jeune kamikaze Abdullah Hassan al-Asiri à utiliser ce type de ruse lors d'un attentat manqué contre le prince saoudien Muhammad bin Nayif, en août 2009. Selon la version officielle, c'est le téléphone du jeune homme qui avait explosé. 

Sheikh fantaisiste
 
Cette «trouvaille» a été reprise dans plusieurs médias américains, dont le magazine gay «The Advocate». Mais rapidement, d'autres sites ont examiné la vidéo. Electronic Intifada, un site de gauche radical pro-palestinien, soutient que Raymond Ibrahim est tombé dans un canular grossier. Il note que l'homme qui s'exprime dans la séquence n'est pas sheikh Abu al-Dima al-Qasab – un nom fantaisiste signifiant le «boucher sanglant» –, mais Abdallah Al-Khallaf, présentateur d'une émission intitulée «La morale des prophètes, que la paix soit sur eux». L'universitaire américain aurait aussi négligé de vérifier l'origine de la vidéo. En effet, la chaîne Fadak TV, basée au Royaume-Uni, s'adresse aux communautés arabes chiites au Bahreïn, en Arabie saoudite ou en Irak. D'où une certaine insistance du présentateur, note Electronic Intifada, à souligner que le prétendu «jihad anal» est le fait des Wahhabites, une école de pensée sunnite dont se réclament aussi bien les monarchies du Golfe que, sous sa forme radicale, la nébuleuse al-Qaida. 

Entraînement à la sodomie
 
Electronic Intifada affirme que la vidéo cite la source de cette prétendue «fatwa», un post datant de 2009, publié dans la foulée de l'attentat contre bin Nayif, et qui apparaît encore sous différentes versions sur des forums de discussion arabes. Parsemé de «on dit que...» et de «Dieu seul sait...», il raconte que le sheikh aurait prescrit au candidat au suicide: «Accepte de te faire sodomiser pendant un certain temps afin que ton anus soit élargi et puisse accueillir les explosifs». Pour le blog de gauche américain, la manœuvre ressemble davantage à un «hoax» farfelu destiné à «inciter au dégoût contre les wahhabites» qu'à une fatwa. 

Sur Jihad Watch, un site qui promeut des «best-sellers» tels que «Le guide comple du Coran à l'usage des infidèles» ou «La Mosquée de Ground Zero: la deuxième vague d'attaques du 11-Septembre», Raymond Ibrahim maintient sa lecture de la vidéo, affirmant que ses contradicteurs n'ont pas l'ombre d'une preuve que la fatwa lue à l'antenne n'est pas véridique. 

* A Noël 2009, un Nigérian, entraîné au Yémen par al-Qaida, avait tenté de faire exploser son slip à bord d'un vol Amsterdam-Detroit.

 


Source: GayStarNews.

"Je suis parti pour sauver ma vie"

12/07/2012 - De nombreux homosexuels sénégalais ont été victimes de harcèlement et de violences au cours des dernières années. Certains ont été condamnés à des peines d’emprisonnement. Pour pouvoir vivre leur sexualité sans crainte quotidienne, des homosexuels se sont résolus à quitter le Sénégal à l’image de Mouhamadou Moustapha, 20 ans, qui a accepté que Ligne Azur publie son témoignage.

***

Je m’appelle Mouhamadou Moustapha. Je suis né le 24 mai 1992 à Dakar.

A l’âge de 9 ans, pendant les vacances scolaires, j’ai eu un accident près de chez moi. Un camion-remorque m’a heurté et m’a traîné sur plusieurs mètres. Ma jambe gauche a été broyée et il n’y a pas eu d’autre solution que de m’amputer au-dessus du genou pour me sauver la vie.

Je suis resté 7 mois à l’hôpital de fin juillet 2001 à février 2002. Après avoir reçu ma première prothèse, j’ai pu remarcher et l’année suivante ma mère m’a inscrit dans une école pour personnes handicapées où j’ai continué mes études en classe de CE2.

Plus tard ma famille et moi sommes partis vivre dans la banlieue de Dakar.

Durant l’année 2007, j’ai eu un ami, Papis, qui était un peu plus âgé que moi. J’allais souvent le voir à son domicile quand je finissais mes cours ou que je n’avais pas classe. C’est avec cet ami que j’ai découvert mon homosexualité.

Auparavant je n’avais jamais fréquenté les filles ni eu de petite amie. Je me disais que jamais une fille ne voudrait sortir avec une personne ayant une jambe en moins. Du coup je n’y pensais même pas.
Un jour, je me suis retrouvé dans la chambre de Papis. Il était très affectueux avec moi et très gentil. On parlait, rigolait, jouait, jusqu’au moment où nous nous sommes retrouvés nus en train de jouer avec nos sexes et nous embrasser.

Il m’a expliqué après qu’il ne fallait jamais parler de cela à quiconque.

Moi, je ne trouvais rien de mal à cela. Je ne comprenais pas pourquoi il avait si peur que j’en parle.

Après ce jour, on s’est revus plus souvent. Nous avons eu beaucoup de relations communes et nous nous sommes donnés beaucoup de plaisir. Avec lui, j’ai ressenti mes premiers sentiments. J’ai compris ce que ça faisait quand une personne que vous aimez vous manque ou que vous avez envie d’être près d’elle. Il me disait souvent qu’il me trouvait beau et très intelligent, que je pouvais avoir beaucoup de choses dans la vie avec un peu d’aide. J’ai mieux compris ce qu’était l’homosexualité. Il m’a fait connaitre quelques homosexuels qui venaient lui rendre visite ou que l’on croisait dans les rues de Dakar.

Nous, les homos, nous nous faisons souvent insulter dans la rue, agresser, parfois torturer car le Sénégal n’accepte pas les homosexuels et tout ce qui touche à eux. Certaines personnes disent qu’elles n’emprunteront jamais la même route qu’un homosexuel…

Papis m’a toujours dit de rester le plus discret possible et de ne parler de mon homosexualité à personne.

Un jour alors que nous étions dans la chambre de Papis, une de ses cousines nous a surpris. Elle s’est mise à crier puis est partie en courant. Papis a paniqué. Il a dit que nous étions “dans la merde” si jamais elle parlait à quelqu’un. Après cela je suis rentré chez mes parents. Tout s’est bien passé. Mes parents ne savaient rien.

Mais une semaine après, mon père m’a appelé à mon retour du lycée. Il m’a demandé si je fréquentais toujours notre ancien quartier et si je voyais un certain Papis. J’ai alors compris qu’on lui avait dit des trucs. J’ai eu peur et j’ai répondu non pour ne pas avoir une mauvaise image devant eux.

Malgré mon démenti, il m’a traité de menteur. Même mon grand frère m’a insulté et battu tout en me traitant d’handicapé et d’homosexuel (Lafagn goor djiguene en wolof). Ma mère a eu une discussion avec moi et m’a dit : "Comme si le fait d’être un handicapé ne te suffisait pas, maintenant tu fréquentes des homosexuels".

Deux semaines après j’ai revu Papis. Il est venu me chercher à la fin de mes cours dans mon lycée et on s’est parlé. Je lui ai expliqué le problème. Il m’a dit qu’il savait que sa cousine avait commencé à parler autour d’elle. C’est à cause de cela que mes parents ont été mis au courant. C’est ce qu’il craignait. Alors il m’a dit que nous devions cesser de nous voir pendant un moment pour ne pas avoir de problèmes.

J’ai accepté car depuis le jour où mon père m’a parlé, je n’ai plus été considéré pareil à la maison. Personne ne s’intéressait à moi. Ma mère qui me donnait de l’argent tous les jours pour aller à l’école et manger ne m’en donnait plus que pour le transport. Pour les repas, elle me disait de me débrouiller car elle ne voulait pas nourrir un enfant qui fréquente des homosexuels et qui est considéré comme un des leurs par les gens.

J’ai eu beau nier en disant que les gens mentaient mais personne ne m’écoutait. Au bout de quelques semaines, Papis m’a demandé de venir le retrouver chez un ami. Je l’ai fait car j’avais besoin de le voir et de parler à quelqu’un car je ne me sentais vraiment pas bien.

Mis à la porte de chez mes parents

Papis et moi nous nous sommes retrouvés chez son ami qui est lui aussi homosexuel. Celui-ci m’a demandé comment ça se passait chez moi. Je lui ai dit que ça allait de mal en pis, que je n’étais plus désiré dans ma famille.

Quelques mois plus tard, pendant les fêtes de la fin de l’année 2010, cet ami m’a proposé de participer à une fête qu’il organisait chez lui avec quelques amis homosexuels.

Je suis allé à cette fête et tout s’est bien déroulé. Nous avons passé une bonne soirée. Vers 4 h du matin, j’ai décidé de rentrer chez moi. Un garçon en a profité pour repartir avec moi car il habitait près de l’arrêt de bus où je me rendais pour repartir chez mes parents.

Après avoir marché une centaine de mètres, des gens ont reconnu le garçon et ont commencé à l’insulter puis à s’approcher de nous. Ils nous ont craché dessus et frappé. Moi il m’ont poussé par terre, piétiné et traîné jusqu’à me blesser à la jambe.

Le lendemain de cette histoire, quand je me suis réveillé, mon grand frère m’a dit qu’il ne dormirait plus dans la même chambre que moi. Il a commencé à m’insulter et à me traiter de tous les noms malgré mon handicap. Quand il a essayé de me frapper, j’ai réussi à le mettre par terre. Je le dominais lorsque ma mère s’est interposée. Alors mon père est sorti de sa chambre et m’a demandé de prendre mes affaires et de quitter la maison. Il a dit que je lui faisais honte, que je n’avais qu’à aller vivre avec les homos puisque j’en étais un.

Je n’ai même pas pu prendre tout mes habits. J’en ai juste pris quelques-uns et je suis allé chez ma grand-mère dans la banlieue de Dakar croyant pouvoir y trouver la paix. Ma grand-mère ne m’a jamais maltraité ou fait des reproches au moment où tout le monde m’en faisait. Quand je suis arrivé chez elle, elle m’a demandé de lui certifier que tout ce que les gens disaient était faux, que je n’étais pas homo et que je traînais juste avec ces gens. Elle m’a demandé aussi d’arrêter de les voir car c’était la cause de tous mes problèmes. J’ai répondu oui pour lui faire plaisir et pour ne pas trop parler. Au fond de moi, je savais bien que les gens avaient raison et que cela ne risquait pas de changer.
Quelque semaines plus tard, les membres de ma famille qui venaient rendre visite à ma grand-mère et qui me voyaient chez elle lui demandaient pourquoi elle m’hébergeait. Quand ils passaient, ils m’insultaient et me regardaient bizarrement. Je n’ai pas pu le supporter. J’ai pris mes bagages et je suis parti chez l’ami de Papis pour quelques jours le temps de trouver une solution. En fait je n’en avais pas car je n’avais plus de famille, j’avais arrêté mes études, et j’étais souvent victime d’attaques dans la rue par des gens qui me connaissaient et qui avaient appris que j’étais “devenu” homosexuel.
Je suis resté chez l’ami de Papis jusqu’à avril 2011. Puis, jusqu’à octobre 2011, j’ai dormi chez deux autres connaissances, des amis d’enfance qui n’étaient pas au courant de mon histoire même si l’un d’eux en avait eu des échos. J’ai tout fait pour qu’il n’y croit pas afin de ne pas me retrouver à la rue.
Un soir, alors que j’allais chez l’ami de Papis, des personnes que je n’avais jamais vues auparavant m’ont intercepté et m’ont demandé si c’était bien moi “Moumous l’handicapé homo ?”. Je n’ai pas répondu mais ils m’ont arrêté et insulté en disant : “Sale handicapé, c’est à toi qu’on parle !”. Ils ont commencé à me battre. Ils ont arraché ma prothèse et l’ont jetée dans un égout. Ils ont continué à me frapper puis m’ont tranché une partie de la gorge avec un couteau. Ils m’ont donné beaucoup de coups avant de s’enfuir. Ils m’ont traité d’homo et d’handicapé en disant que je méritais tout ce qu’ils étaient en train de me faire, que je n’avais pas de place dans la société, etc. C’est une vieille dame qui m’a aperçu et qui m’a emmené avec sa voiture chez l’ami de Papis. Celui-ci l’a remerciée et m’a conduit à l’hôpital pour me faire soigner.

Partir pour sauver ma vie

Le lendemain, mon ami m’a dit que nous devions aller à la police car l’acte était grave puisqu’’on avait tenté de me tuer. Je ne voulais pas y aller mais il m’a persuadé. A notre arrivée au poste de police, l’agent m’a demandé ce qu’il s’était passé. Je lui ai raconté et il m’a demandé pourquoi selon moi ces gens étaient venus me voir si je prétendais ne pas les connaître. J’ai dû lui dire que c’était parce que j’étais homo. Il a eu un petit sourire et a dit : "Tu n’as qu’à ne pas être homo". Alors nous sommes partis. Mais on a eu peur de se faire poursuivre en justice car l’homosexualité, interdite au Sénégal, est passible d’une peine d’emprisonnement.

Rentré chez mon ami, celui-ci m’a parlé d’une personne qui aidait les gens à quitter le pays en cas de problèmes. Pour le rencontrer, il fallait que je me rende en Gambie. C’est ce que j’ai fait une fois guéri. J’ai expliqué à cet homme que ma vie était de plus en plus en danger et que je ne pouvais même plus sortir librement à Dakar. Il m’a demandé de retourner chez moi et de préparer une somme d’argent et trois photos d’identité. Quand il viendrait à Dakar, il me contacterait. Quelques semaines plus tard, il m’a effectivement donné rendez-vous. Je lui ai remis les trois photos et 250 000 francs CFA que j’avais réussi à obtenir en vendant mon ordinateur portable. Il m’a dit que ce n’était pas suffisant pour l’argent et qu’on en reparlerait une fois qu’il se serait occupé de mon dossier et organisé mon voyage.

Deux semaines après, il m’a recontacté pour me dire que tout était prêt et qu’on allait bientôt partir en France. Le jeudi 27 octobre 2011, j’ai préparé mon sac avec quelques affaires et je suis parti le rejoindre à l’aéroport Leopold Sédar Senghor pour prendre un vol de Brussels Airlines à 22 h 35.
Au contrôle, il m’a dit de le présenter comme mon tuteur ou mon accompagnant puisque j’étais handicapé. A chaque fois que je devais présenter mes papiers, il les sortait de sa sacoche, me les donnait et les reprenait ensuite pour les ranger.

Après quelques heures de vol, il m’a dit : “Bientôt en Europe, tu es content ?". Et d’ajouter : “Maintenant le travail va commencer pour toi car tu sais bien que tu n’as pas versé tout l’argent que tu me devais. Une fois arrivé en France, le temps que je m’occupe de ton permis de séjour, tu vas travailler dans une maison où des vieux et des homo comme toi viendront pour avoir des relations avec toi. Chaque personne te donnera 150 euros. Tu me donneras 50 euros et les 100 euros restants seront pour toi jusqu’à que tu me payes tout ce que tu me dois pour le voyage”. Il fallait que je lui donne 2 millions de francs CFA.

J’ai été très surpris car on n’avait jamais parlé de cela auparavant. Je me suis levé et je suis allé m’enfermer un moment dans les toilettes de l’avion. Je paniquais car je venais en France pour sauver ma vie et non pour exploiter ou vendre mon corps.

Arrivé à Bruxelles à 5 h 25, on a pris aussitôt un train qui nous a amenés dans une gare. Par la suite j’ai su que c’était la gare du Nord.

L’homme m’a demandé de l’attendre le temps d’aller chercher une voiture. Quand il est parti, je me suis enfui. J’ai pris un escalator pour aller me cacher. Le lendemain matin je suis sorti de ma cachette pour retourner là où j’avais laissé l’homme. Il n’était plus là. Un arabe qui m’a vu avec mes béquilles et mon sac lourd m’a aidé. Il m’a demandé si je venais d’arriver. Je lui ai dit oui et que je ne connaissais personne ici, que j’étais perdu. J’ai commencé à pleurer. C’est lui qui m’a amené dans un bureau pas loin de l’endroit où il m’a trouvé et c’est là que j’ai fait une déposition. Après on m’a amené dans ce centre d’hébergement.

Mouhamadou Moustapha

Les oulémas marocains lancent une fatwa contre «l’apologie de l’homosexualité»

La Rédaction 20 Mars 2009
Les religieux ont vivement riposté à la visite dans le royaume chérifien de Colegas, la confédération des associations LGBT espagnoles. La réaction ne s’est pas fait attendre. Le Conseil supérieur des oulémas du Maroc a lancé la semaine dernière une fatwa contre la «glorification de l’homosexualité» après une visite de la confédération des associations LGBT espagnoles (Colegas) sur le sol marocain. L’instance religieuse aurait justifié sa décision par le fait que «l’Etat marocain doit avoir une politique contre ce genre de déviances». Cette décision fait suite à la tournée de Colegas au Maroc, du 19 au 26 février derniers. Une visite guidée par Kifkif, un groupe LGBT marocain qui lutte contre l’homophobie. «Nous avons tenu des rendez-vous et des réunions avec différentes associations, missions diplomatiques étrangères et la presse, concernant les progrès des droits humains au Maroc», a expliqué à TÊTU (magazine français) Samir Bargachi, le jeune leader de Kifkif. Colegas souligne avoir pris les précautions pour «éviter des confrontations inutiles avec les islamistes». En vain. L’initiative a fait grincer des dents les extrémistes. «La presse islamiste a laissé entendre que Kifkif fait partie du “lobby gay” et que nous recevons un appui d’organisations et ambassades étrangères ennemies des bonnes valeurs de la société islamique, raconte Samir Bargachi. Tout cela est ridicule, mais c’est leur avis et ils profitent de l’ignorance des Marocains sur le sujet».