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Ennahdha ou quand l'homophobie est érigée en hypocrisie dogmatique

08/08/2012 -Angelo est mort et son meurtrier est en prison. C'est faire un raccourci trop rapide et indécent. Angelo mort et les autorités tunisiennes de transition se réjouissent de l'arrestation de son meurtrier.
Le besoin de comprendre et d'analyser les dessous de ce meurtre va au-delà d'une simple déclaration de façade. Les faits c'est une chose mais le climat délétère que connaît la Tunisie en est une autre. Les dissocier revient à nier l'existence même des faits. La dégradation du climat sécuritaire en Tunisie est un secret de polichinelle comme la montée du racisme, du sexisme, de la misogynie, de l'antisémitisme et de l'homophobie. Ce crime recèle en tous les germes de la crise aiguë que traverse le pays depuis le coup d'État institutionnel du 23 octobre 2011. En confisquant  tous les pouvoirs, Ennahdha aidée par le C.P.R. et Ettakatol est en train de répandre les semis de la haine sur le sol tunisien devenu de plus en plus infertile au bien vivre ensemble légendaire des tunisiens et de leur tolérance pour les homosexuels tel le chanteur homosexuel affiché Ali Riahi  vénéré et adulé par tout un peuple dans les années 50 et 60. Mais sans pour autant dire que les tunisiens étaient tous homophiles. Le meurtre d'Angelo apporte un éclairage sur la place des homosexuels dans la nouvelle Tunisie plutôt la nouvelle suzeraineté wahhabite de Tunisie.  
La question est moins de chercher l'existence d'un lien direct entre le crime lui-même  et les motifs dudit crime. Exécuter un homme avec une telle folie meurtrière et  dans l'indifférence obséquieuse de ses voisins ne doit pas manquer de nous inquiéter tous sur le virage dangereux que négocie actuellement la Tunisie, qui semble emprunter la voie de la barbarie plutôt que celle de la civilisation. Qu'il y ait ou pas  un lien direct entre les motivations du tueur et le caractère homophobe du crime, cela pas être selon un adage tunisien le tamis qui voile le soleil. Le fait même de ne pas voir dans ce meurtre un crime homophobe revient à nier le crime lui-même compte-tenu du fléau homophobe qui ravage le pays. Occulter la portée homophobe du crime c'est dédouaner Ennahdha de toute responsabilité morale et factuelle dans tous les actes les violences  criminelles qui frappent le pays depuis de nombreux mois.  C'est pourquoi, il est indécent  dissocier ce crime de cette atmosphère nauséabonde dans laquelle a plongé Ennahdha le pays. Incapable de gouverner le pays Ennahdha exacerbe les passions, attisant la haine et mène une politique d'intolérance et  de stigmatisation des homosexuels, les femmes, les juifs, les démocrates, les tunisiens adeptes du bien vivre ensemble.
Ce crime quel que soit son caractère est aussi le crime de l'indifférence des voisins musulmans comme cela peut arriver partout dans le monde quand la victime est différente de soi. Quel être humain digne de ce nom peut se garder de dénoncer le comportement lâche et ignoble de ces voisins qui sont aussi pères, mères, cousins, amis d'homosexuels ? Doit-on se garder d'exprimer notre dégoût face à l'attitude obséquieuse de ces enfants, dont certains d'entre eux seront à n'en pas douter des futurs gays, qui trépignaient de joie à la vue de la sortie du corps d'Angelo de chez lui ? Le moquant à l'envi et l'abreuvant d'injures homophobes comme s'il pouvait les entendre. Évidemment qu'aux yeux des bonnes âmes tunisiennes ils sont innocents et inconscients de la gravité de leurs paroles. Une drôle de conception de l'innocence toutefois. Cependant, ils sont sans rappeler ces enfants libyens que leurs pères indignes les ont amenés pour leur montrer le cadavre de Kadhafi enveloppé dans un linceul de mouches et de moucherons. En les laissant jouir de la vue du spectacle du corps sans vie d'Angelo, leurs parents sont aussi coupables que le meurtrier d'Angelo. Le cadavre d'un homme n'a pas à être exhibé à la vue des enfants. Il est impossible que l'on fasse abstraction de tout cela et de réduire ce crime ignoble et barbare à sa seule dimension factuelle. Comme on peut se demander si Angelo était musulman, est-ce que ces voisins seraient venus à son secours ? Se poser une telle question c'est y répondre.
A croire que ses voisins musulmans auraient compati s'il était leur coreligionnaire. En quoi sont-ils musulmans quand on connaît réellement la Sirate du Prophète et sa grande sollicitude pour son voisin juif. Quoiqu'il en soit, ils se rendus coupables de crime pour non-assistance de personne en danger, à moins que ce type de forfait n'existe pas dans le droit pénal tunisien. Beaucoup de questions resteront sans doute sans réponses. Pourquoi toute hostilité dogmatique à l'égard de l'homosexualité en Tunisie depuis la colonisation du pays par l'organisation sectaire d'Ennahdha ? Pourquoi ce qui était plus ou moins toléré, ne l'est plus aujourd'hui avec la wahhabisation des esprits ? Pourquoi cette diabolisation de l'autre sur le seul critère sexuel comme si l'on avait peur de découvrir sa propre identité à travers la sienne ? On tue toujours ce qui est trop proche de soi dans les sociétés soi-disant puritaines où règnent pourtant l'inceste et la pédophilie à l'instar de l'Arabie Saoudite ? Ennahdha la chaste à l'hymen recousue est un ramassis de pédophiles à l'image de R. Ghannouchi et son lieutenant Ali Laaraiedh secouru par classer tout simplement la mort d'un homme d'être le reflet de leur identité sexuelle refoulée. La posture islamiste consiste à dire et à faire tout le contraire de ce qu'on est. Les islamistes se drapent dans la vertu pour masquer leur propre nature homosexuelle, et pire encore pédophile. Comme il est fréquent d'entendre les partenaires tunisiens des homosexuels afficher ouvertement leur rejet de leur propre homosexualité en considérant leurs actes comme une simple manifestation de leur virilité masculine. Le paradoxe chez eux, je couche avec les homos mais je ne suis pas moi-même homo. Ce crime à défaut d'être directement imputable à Ennahdha, il révèle l'aversion que les islamistes et non seulement pour les homosexuels. Il suffit d'entendre les réactions de certains qui se veulent modernistes pour mesurer combien la frontière est mince entre les pseudos modernistes et les islamistes en Tunisie face à la question de l'homosexualité. Toujours cette peur phobique de se regarder dans son miroir. Toujours ce déni de soi et de sa propre histoire jalonnée de faits et actes de pédophilie, un véritable fléau chez les arabes depuis la nuit des temps. Al ghulam. La pédophile qui est crime n'est pas perçue comme telle alors que l'homosexualité qui ne l'est pas est assimilée à un crime et un sacrilège. De toutes les façons, les populations arabisées ne sont pas à une tartuferie près. Hypocrites et bigots, ils se voilent la face et se murent dans leurs certitudes pour ne pas se cacher d'eux-mêmes. Capables de tuer leurs semblables qui vivent au grand jour leurs libertés humaines. Ce crime odieux est l'illustration de leur ethnocentrisme érigé en dogme. Et si c'était justement cet ethnocentrisme qui serait le motif du meurtre d'Angelo. C'est le mépris de ce qui est différent de soi, l'indifférence coupable, l'obscurantisme, l'endoctrinement religieux, les appels au meurtre encouragés et initiés par Ennahdha, sont autant de motifs que celui qui a guidé les mains du meurtrier à l'origine de cette mise à mort d'un innocent. En conclusion, Ennahdha qui rêve tant de la renaissance du Califat sait-elle que le plus grand Calife musulman de l'histoire avait pour amant le plus grand poète arabe de tous les temps Abou Nawas ? L'homosexualité ce n'est pas l'autre c'est soi. Mais comme le déni psychotique est une vertu dogmatique, Ennahdha est comme ce chameau qui ne veut pas regarder sa bosse de peur de se couper la tête.

source: http://www.tunisie-news.com 

Un couple lapidé par des islamistes au Mali


Mis en ligne le 31/07/2012

A Aguelhok, dans le nord du Mali, un couple a été lapidé hier parce qu’il n’était pas marié, et avait deux enfants. Cette ville  est contrôlée par le groupe armé islamiste Ansar Dine, allié d’al-Qaïda au Maghreb islamique dans la région. Elle a été désertée par la grande majorité de ses 3.000 habitants.
 
Ils ont été lapidés parce qu’ils n’étaient pas mariés, et avaient eu deux enfants. Les islamistes sont allés les chercher dans la brousse et les ont ramenés en ville, à Aguelhok, dans le nord du pays. Devant une foule d’environ 200 personnes, l’homme et la femme ont été mis chacun dans un trou puis lapidés.
« Dès les premiers coups, la femme s’est évanouie » ; l’homme, lui, « a crié une fois », racontent des témoins, des élus de la région. Pour la première fois depuis qu’ils contrôlent le nord du Mali, des islamistes ont donc procédé à une lapidation publique jusqu’à ce que mort s’ensuive.

On avait déjà rapporté des coups de fouet pour les buveurs d’alcool, les fumeurs, les couples illégitimes, mais pas de lapidation.

Source

«Jihad anal»: la rumeur qui affole la droite américaine


15/07/2012 -  Un chercheur affirme qu'une fatwa encourage les candidats au martyre à s'introduire des explosifs dans l'anus. Un canular grossier, pourtant accrédité par le magazine gay «The Advocate».

C'est un bien étrange débat qui oppose en ce moment les sites néconservateurs aux forums de gauche américains. Après avoir fabriqué des slips piégés*, les jihadistes sont-ils capables de se fourrer des explosifs dans le derrière, voire de s'initier à la sodomie, afin de commettre des attentats suicides? Cette question stupéfiante a surgi la semaine dernière dans une publication signée de l'Américain Raymond Ibrahim, un chercheur arabisant du Gatestone Institute, un think-tank classé à l'extrême droite. Il commente longuement une vidéo de 2010 trouvée sur YouTube et qui prouve, selon lui, qu'il existe une fatwa autorisant la sodomie à des fins guerrières. Dans la séquence, qui provient de la chaîne Fadak TV, un homme que Ibrahim désigne comme le Sheikh Abu al-Dima al-Qasab, expliquerait que «Si le jihad ne peut être mené qu'à travers la sodomie, alors il n'y a rien de mal à ça». Le chercheur avance que le sheikh aurait «autorisé» le jeune kamikaze Abdullah Hassan al-Asiri à utiliser ce type de ruse lors d'un attentat manqué contre le prince saoudien Muhammad bin Nayif, en août 2009. Selon la version officielle, c'est le téléphone du jeune homme qui avait explosé. 

Sheikh fantaisiste
 
Cette «trouvaille» a été reprise dans plusieurs médias américains, dont le magazine gay «The Advocate». Mais rapidement, d'autres sites ont examiné la vidéo. Electronic Intifada, un site de gauche radical pro-palestinien, soutient que Raymond Ibrahim est tombé dans un canular grossier. Il note que l'homme qui s'exprime dans la séquence n'est pas sheikh Abu al-Dima al-Qasab – un nom fantaisiste signifiant le «boucher sanglant» –, mais Abdallah Al-Khallaf, présentateur d'une émission intitulée «La morale des prophètes, que la paix soit sur eux». L'universitaire américain aurait aussi négligé de vérifier l'origine de la vidéo. En effet, la chaîne Fadak TV, basée au Royaume-Uni, s'adresse aux communautés arabes chiites au Bahreïn, en Arabie saoudite ou en Irak. D'où une certaine insistance du présentateur, note Electronic Intifada, à souligner que le prétendu «jihad anal» est le fait des Wahhabites, une école de pensée sunnite dont se réclament aussi bien les monarchies du Golfe que, sous sa forme radicale, la nébuleuse al-Qaida. 

Entraînement à la sodomie
 
Electronic Intifada affirme que la vidéo cite la source de cette prétendue «fatwa», un post datant de 2009, publié dans la foulée de l'attentat contre bin Nayif, et qui apparaît encore sous différentes versions sur des forums de discussion arabes. Parsemé de «on dit que...» et de «Dieu seul sait...», il raconte que le sheikh aurait prescrit au candidat au suicide: «Accepte de te faire sodomiser pendant un certain temps afin que ton anus soit élargi et puisse accueillir les explosifs». Pour le blog de gauche américain, la manœuvre ressemble davantage à un «hoax» farfelu destiné à «inciter au dégoût contre les wahhabites» qu'à une fatwa. 

Sur Jihad Watch, un site qui promeut des «best-sellers» tels que «Le guide comple du Coran à l'usage des infidèles» ou «La Mosquée de Ground Zero: la deuxième vague d'attaques du 11-Septembre», Raymond Ibrahim maintient sa lecture de la vidéo, affirmant que ses contradicteurs n'ont pas l'ombre d'une preuve que la fatwa lue à l'antenne n'est pas véridique. 

* A Noël 2009, un Nigérian, entraîné au Yémen par al-Qaida, avait tenté de faire exploser son slip à bord d'un vol Amsterdam-Detroit.

 


Source: GayStarNews.

Liberté sexuelle : Une polémique de plus !

13/07/2012 - Le débat sur la liberté sexuelle bat son plein depuis quelques temps. Evoqué en premier par l’AMDH (Association marocaine des droits de l’Homme), à travers sa présidente Khadija Ryadi, l’idée de la dépénalisation des relations sexuelles en dehors de l’institution du mariage continue de chauffer les débats de manière très surprenante. Au-delà des conversations de salons et autres cafés, la question a été même été abordée au Parlement. Entre ceux qui revendiquent la liberté individuelle de tout un chacun dans quelques domaines que ce soient, et ceux qui crient au scandale, à l’incitation à la débauche, … les esprits se chauffent.  Le point culminant fut la déclaration d’un journaliste pour qui «sa mère», «sa sœur» et «sa fille» peuvent disposer librement de leur corps ; suivie de la réaction d’un Imam Oujdi pour que chacun y aille de ses propres interprétations et arguments pour grossir encore et encore le débat. Lequel débat, paraît aujourd’hui, assez déplacé. A-t-on réglé tous les problèmes des Marocains pour penser à leur sexualité ? L’école marocaine est au top, le système de santé est parfait, on a éradiqué la corruption, on a réglé le problème des SDF, les transports en commun sont disponibles, les droits des filles en milieu rural, le harcèlement sexuel, ….. et la liste est loin d’être finie. Et là, nous sommes assez surpris que les associations féministes ne se sont pas trop fait entendre sur la question. «Pour des femmes souvent considérées comme des objets sexuels, cele ne risque-t-il pas d’enfoncer le clou ?»

Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un faux débat. Le code pénal dans son article 490 criminalise les relations sexuelles entre deux adultes non mariés, mais en réalité, il est peu ou pas appliqué. «Il s’agit d’un interdit toléré», lance M.Barkaoui sociologue à Casablanca. Et de poursuivre «la société marocaine a beaucoup évolué».


En effet, il n y a qu’à faire un tour sur la corniche et autres quartiers branchés de Casablanca pour s’apercevoir, que des jeunes couples s’embrassent, s’enlacent, se caressent, …sans la moindre gêne et sans que personne ne les dérange et sans pour autant être taxées de filles de légères moeurs. De même la majeure partie des établissements hôteliers classés  ne demandent quasiment jamais à leurs clients de présenter un justif de mariage. « Cela veut dire que le Maroc est une société tolérante. S’il est vrai que la religion musulmane est celle de l’Etat, on n’est pas très regardant au fond. Celui qui veut être pieux le peut, celui qui choisit d’être libertin le peut également. Aujourd’hui, la majeure partie des mariages au Maroc, à l’exception des campagnes, se font après que le couple se soit fréquenté, voyagé ou vécu ensemble. Il arrive souvent que des étudiants ou des jeunes cadres loin de leur famille partagent le même appart pendant des années avant d’officialiser leur union. Et c’est souvent un secret de Polichinelle.», explique le sociologue.

Est-ce à dire que la société marocaine souffre de schizophrénie, ou plutôt une société tolérante tout simplement ? Si on se réfère à la Constitution, il est clair que l’Islam est la religion de l’Etat. Par conséquent, abroger l’article 490 du code pénal voudrait tout simplement dire qu’il faut une nouvelle réforme de la Constitution.

Leila Ouazry

Mohamed-Ludovic Zahed, l'intellectuel qui conjugue homosexualité et islam


10/07/2012 - Mohamed-Ludovic Zahed est le premier musulman au monde à faire son coming-out. Marié avec son compagnon, cet intellectuel franco-algérien se bat, depuis des années, pour le droit des minorités sexuelles et contre l'homophobie dans le monde musulman.

Le parcours de Mohamed-Ludovic Zahed a tout d’une épopée des temps modernes. Lorsqu’on le voit aujourd’hui, jeune homme aux traits paisibles et au regard espiègle, on est loin d’imaginer les péripéties qui ont jalonné son chemin. 

Il est devenu le premier musulman au monde à proclamer et défendre son homosexualité, mais surtout à la sortir du redoutable cachot de l’extrêmement «haram» (le péché)!

Un homo parmi les salafistes

Auteur de plusieurs ouvrages sur la question, dont le dernier Le Coran et la chair (éditions Max Milo, 2012) a fait grand bruit en France, Ludovic ne fait nullement partie de ces homos bien nés, dont le coming out se fait dans le coton, avec la compréhension et l’amabilité de leur milieu familial et social.
Non. Lui, c’est un Algérien musulman, né à Alger en 1978, puis émigré en France avec sa famille avant de revenir dans sa ville natale, au beau-milieu de la décennie rouge (guerre civile entre l'armée et les groupes islamistes intégristes, entre 1990 et 2001). 

Tiraillé entre une homosexualité qu’il n’arrive pas à assumer et une quête spirituelle de plus en plus pressante, il finira par fréquenter les salafistes de Kouba (un quartier chaud dans la banlieue d’Alger), dans l’espoir d’y trouver un quelconque apaisement. 

Cette période de sa vie est racontée dans son dernier livre qui oscille entre l’essai et l’autobiographie. L’on peut y lire, notamment, les tourments de son premier tressaillement mystico-charnel.
Djibril, un de ses camarades de «doctrine», éveillera en lui, et de manière claire, une sensation inédite, celle d’aimer un homme. Mais le salafisme, un des jalons de ce qui allait devenir la guerre civile en Algérie, finit par désenchanter Mohamed-Ludovic, qui ne peut concevoir un Dieu et une religion incitant au meurtre. 

C’est le premier soubresaut d’une longue cavalcade vers la lumière: celle de «l’autodéfinition et de l’autodétermination de tou(te)s».

Le mariage improbable

Comme pour le deuil d’une époque révolue, le jeune adolescent passera par les cinq étapes nécessaires. 

Un déni qui ne dure pas longtemps. La colère qui entraîne de sérieux et féconds questionnements sur cette identité sexuelle tant honnie et stigmatisée par son milieu originel. Le marchandage, où Mohamed-Ludovic entame les premières négociations avec son nouveau «moi». La dépression qui survient, lorsqu’il se perd entre une homosexualité prohibée, mais si indissociable de son être, et cette spiritualité désirée, mais en apparente contradiction avec la première. Enfin, la salutaire acceptation née de cette paix retrouvée où être gay n’est en rien antagonique avec la croyance et la pratique islamiques. 

Mais comment être à la fois homosexuel et musulman pratiquant? Comment arriver à cette insoupçonnable conciliation entre l’un des plus indétrônables tabous de cette religion et la pratique sereine et fervente de cette même religion? 

Mohamed-Ludovic Zahed a fait sa «réforme», en attendant que celle-ci soit prônée et appliquée dans le monde musulman: 

«L’islam n’est pas une loi, c’est une philosophie de vie avant tout; les relations interindividuelles, réalisées dans le consentement mutuel, l’amour et le respect d’autrui, n’ont pas à être prises en compte par l’éthique islamique qui ne vise pas la normalisation abstraite de notre humanité, mais le bien-être de chacun(e) au sein de sociétés civiles apaisées et respectueuses du droit de l’individu. Il fut un temps où les sociétés arabo-musulmanes étaient à l’avant-garde de ces réflexions-là. Il faut réaffirmer aujourd’hui clairement qu’il n’y a rien d’incompatible entre sexualité et spiritualité, bien au contraire: il nous faut être en paix, à tous les niveaux de notre existence.»

C’est dans cette démarche que le collectif Homosexuels musulmans de France, dont il est le fondateur, organise régulièrement des conférences et des débats autour de l’homophobie d’essence religieuse et pose, arguments massues à l’appui, les jalons d’une possible réconciliation.

Mohamed-Ludovic tranche sans sourciller que rien, dans le Coran ni dans la Sunna (tradition prophétique), n’interdit l’homosexualité.

Pour cela, il nous offre une interprétation très intéressante de la sourate Loth (du nom de ces habitants de Sodome, une ville qui fut détruite au XXVe siècle avant le prophète Mahomet). 

Cette sourate fait partie des onze sourates ou chapitres, parmi les 114 que compte le Coran, qui stigmatise l'amour entre hommes. La sourate Loth sert de référence aux oulémas (théologiens) prônant l’interdiction formelle de l’homosexualité dans l’Islam.
«Les versets du Coran citant le peuple de Loth ne parlent jamais d'homosexualité en tant que telle; une homosexualité qui n’est pas citée une seule fois, nulle part. Le Coran fait mention de pratiques sexuelles violentes, inhumaines, dont était connu ce peuple de Sodome et Gomorrhe, entre autres pratiques criminelles (viol, vol, refus d'hospitalité, meurtres, etc.) qui n'ont rien à voir avec l'homosexualité. Or, l’on sait aujourd’hui que l’homosexualité n’a pas été “inventée” par le peuple de Loth. Et de considérer que ces crimes sont le propre des homosexuels serait une discrimination et un amalgame. On continue de nous accuser de tous ces crimes odieux commis par un peuple qui avait, entre autres, des pratiques homosexuelles violentes et déshumanisantes. Par conséquent, celles-ci, tant et tant de fois dénoncées par les musulmans dogmatiques, qui seraient selon eux citées dans le Coran de manière indirecte, n’ont en réalité rien à voir avec l’homosexualité en tant que telle.»

Des millions de camarades anonymes

En Algérie, comme dans la plupart des pays musulmans, l’homosexualité est un délit passible de prison (et de peine de mort pour certains). 

L’action menée par Mohamed-Ludovic et son collectif a certes son point d’ancrage et son réseau en France, mais son propos reste universel, puisqu’il est question essentiellement d’une nécessaire réforme de la représentation de l’Islam. 

Cette religion, le jeune homme la définit comme «une philosophie de vie apaisée et fondamentalement inclusive»; une vision qui n’est pas près de se faire une place dans le courant de pensée islamique actuel, où la rigidité le dispute à un réformisme de façade, voire hypocrite et trompeur, qui évite tenacement les sujets qui fâchent, tels que l’homosexualité.

Mais Mohamed-Ludovic ne perd pas espoir, il compte notamment sur ses semblables pour arriver, enfin, à l’acceptation de soi. Mais, surtout, à la prise de conscience indispensable quant à la nécessité du combat pour le respect de leurs droits.

A eux, à ces damnés du monde musulman, croulant sous le double fardeau du conservatisme et du rigorisme religieux, il lance un appel clair: 

«Vous n’êtes pas des criminel(le)s ni des pervers et encore moins des déséquilibré(e)s; car il faut être particulièrement courageux et équilibré pour résister aux pressions sociales auxquelles nous avons à faire face. Assumons-nous; la patience est mère de toute vertu!»

Entre un pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, une conférence sur les droits des minorités sexuelles et un voyage de plaisance avec son époux sud-africain, l’enfant de Kouba, à Alger, a trouvé le précieux équilibre. 

Mais il a surtout acquis une maturité intellectuelle et religieuse, qui font de lui, aujourd’hui, le symbole d’une possible révolution culturelle et cultuelle porteuse d’espoirs à des millions d’anonymes, dont la différence n’est plus un crime, mais une identité à défendre.  

Sarah Haidar (romancière et journaliste algérienne)    


Source: Slate Afrique

Homosexualité : une Histoire musulmane


08/07/2012 - « Dans leur langue, il n’est pas louable qu’un homme exprime sa passion pour un jeune homme. Ils réprouvent fortement ce genre d’expression. C’est pour cela, quand ils veulent traduire nos livres, ils remplacent « j’aime un jeune homme » par « j’aime une jeune femme » ou par « j’aime une personne » pour ne pas être dans l’embarras. Ecrire sur ces choses-là est une pure perversion pour eux.» L’auteur de ces lignes n’est pas un écrivain européen ou un journaliste américain déplorant le sort de la littérature gay dans les zones tribales afghanes mais un voyageur égyptien décrivant les mœurs du peuple…..français au 19éme siècle.

Dans cet extrait de ses souvenirs de voyage à Paris, le cheikh Rifaa Tahtawi, explique comment les écrivains français étaient gênés et embarrassés à l’idée de traduire en français, des poèmes et des contes arabes célébrant la beauté masculine ou évoquant des amours homosexuels. Les traducteurs européens déployaient alors des trésors de ruses pour ne pas choquer leurs lecteurs avec cette littérature libertine et « étrangère » aux mœurs des Européens à l’époque.

Dans A la recherche du temps perdu, Marcel Proust se rappelle de l’hésitation de sa mère à lui offrir l’une des deux traductions disponibles de Mille et une Nuits : la première, plus ou moins fidèle au texte originel en arabe, ou une autre, élaguée et expurgée de tout contenu érotique ou homosexuel. Pour ces sociétés européennes, la perversion, le libertinage et la corruption morale venaient de l’autre, du musulman et sa littérature arabe, persane ou turque. Autre exemple de cet effet de miroir et d’inversion des discours : Joseph Pitts, un jeune anglais capturé par des corsaires algériens au 17éme siècle, décrit dans ses mémoires, non sans aversion et horreur, comment à Alger « les hommes tombent amoureux des garçons, comme en Angleterre ils le feraient avec des femmes ».

Ces exemples peuvent faire sourire ou irriter. Surtout si l’on tient à l’idée, largement répandue actuellement, considérant l’homosexualité comme une mode étrangère, une perversion occidentale que des esprits malintentionnés tentent d’importer dans nos chastes contrées musulmanes. Les tenants de ce discours, conservateur et binaire, esquive ainsi tout un pan de l’histoire et de la culture musulmanes. Exit donc la poésie libertine arabe et persane, adieu les traités érotiques, écrits pourtant par des théologiens musulmans, et Abou Nouass, Omar El Khayam et Aljahiz, auteurs de textes à caractère homosexuel, n’ont jamais existé. Pourtant, une histoire musulmane de l’homosexualité existe et elle éclaire différemment l’évolution des sociétés musulmanes et leurs rapports avec la sexualité et le plaisir.


Le mythe de Sodome

En tant que religion et textes sacrés, l’Islam interdit l’homosexualité et la considère comme un vice et une turpitude. Sure ce point, l’Islam s’inscrit dans la continuité des autres religions monothéistes en reprenant l’histoire de Sodome et le sort du peuple de Loth pour interdire l’homosexualité. Comme l’explique Abdelwahab Boudhiba dans La sexualité en Islam (PUF. 1975), l’Islam a une vision du couple fondée sur « l’harmonie préétablie et préméditée des sexes » et qui suppose une complémentarité foncière du masculin et du féminin. Le but de cette complémentarité est la jouissance et le plaisir, mais aussi et surtout la procréation et la perpétuation de la race humaine. Dans cet esprit, l’homosexualité serait une violation d’une harmonie naturelle et une menace d’anarchie et de déséquilibre.
Le coran ne précise pas de châtiment spécifique sanctionnant l’acte homosexuel, ce qui ouvre la porte à tout un débat théologique sur la nature de la punition. D’après un hadith du prophète, la sanction doit être la peine de mort, reproduisant par cela le châtiment divin qui s’est abattu sur le peuple de Loth. Toutefois, la similitude avec Zina (la fornication) est évoquée par certains ulémas musulmans pour établir des graduations dans la sanction : la lapidation jusqu’à la mort réservée à l’homosexuel marié, et des coups de fouets pour le célibataire.

L’homosexualité féminine est traitée avec une indulgence relative. Elle n’est pas assimilée ni à la fornication ni à l’homosexualité masculine. Les Sihakyats (lesbiennes) font l’objet d’une simple réprimande laissée à la discrétion du juge. L’absence de pénétration anale, qui définit l’homosexualité aux yeux des théologiens musulmans, explique vraisemblablement cette « mansuétude ».
Les exigences de preuve de l’homosexualité, dans la théologie musulmane, sont les mêmes que dans le cas de la fornication: Quatre témoins doivent attester avoir vu et discerné une pénétration totale, ou bien un aveu sans rétractation des personnes concernées. Des exigences draconiennes qui rendent quasiment inapplicables les sanctions qui frappent les pratiques homosexuelles. Fréderic Lagrange remarque dans son livre Islam d’interdits, Islam de Jouissance (Editions Téraèdre 2008), que le juriste musulman remercie souvent Dieu « de pouvoir cacher les vices des croyants qui ne sont pas ostentatoires dans leur transgression de la loi divine ». Mais l’évolution de la société musulmane, suite aux conquêtes militaires et au contact avec d’autres civilisations, a produit des réalités nouvelles et des modes de vie différents de ce que le texte religieux prescrit et interdit. L’élargissement de l’empire musulman, et notamment sous la dynastie abbasside, a engendré un changement des valeurs et des normes, et de nouvelles habitudes sont apparues. Les amours masculins n’étaient plus dissimulés, cachés et réprimés, mais ils étaient affichée, proclamés et tolérés. Ces amours masculins n’étaient pas uniquement charnels et sexuels, mais aussi philosophiques et mystiques.


Califes amoureux

Dans son Histoire des califes, le théologien et historien égyptien Jalaldine Assayouty, fournit la description suivante du calife abbasside Al Amine, « Il achetait, sans compter, des eunuques, qu’il réservait à son plaisir, renonçant ainsi à ses femmes et ses concubines ». Al Amine, fils et successeur du grand calife Haroun Arrachid, vouait un amour démesuré à certains de ses esclaves mâles, et composait pour eux des poèmes où il manifestait sa passion et sa flamme. Al Amine, dont l’empire s’étendait du Maghreb jusqu’à la chine, décrit ainsi son serviteur Kawthar dans l’un de ses poèmes « Kawthar est ma religion et ma vie, ma maladie et mon médecin. Bien injuste est celui qui blâme un cœur pour son amour ». D’autres califes abbassides, comme Al Moâtassim et Al Wathiq, se livraient au même exercice littéraire, en écrivant des poèmes d’amour dédiés aux jeunes garçons et éphèbes. Assayouty, grand théologien malékite, nous informe toujours à ce propos que le calife Al Moâtassim, avait « un mignon d’une beauté exceptionnelle qui s’appelait Ajib, et dont il était follement amoureux».

Ces quelques exemples renseignent sur les changements qui ont touché la société musulmane, lors de son passage, d’un petit Etat désertique à un empire qui domine le monde. Les rapports avec l’homosexualité ont également muté. Ce qui relevait de la turpitude qu’il fallait taire et cacher est devenu une pratique courante et consacrée même pas les califes, détenteurs du pouvoir politique mais également spirituel et religieux.

Dans son traité historique Albidaya wa Alnihaya, Ibn Kathir juriste et théologien syrien du 14éme siècle, se plaint du fait que l’homosexualité touchait « la majorité des rois et des princes, mais aussi les commerçant, les gens ordinaires, les écrivains, les ulémas et les juges, sauf ceux que Dieu a voulu préserver de ce vice ». Quant à Al Maqrizi, l’historien égyptien du 15éme siècle, cité par Malek Chebel dans Le dictionnaire amoureux de l’Islam (Editions Plon.2004) il écrivait que de son temps « l’homosexualité était si répandue que les femmes devaient s’habiller en hommes pour avoir grâce aux yeux de leurs prétendants ». Cette mutation mentale et culturelle s’explique par l’influence qu’ont exercée les cultures et civilisations annexées par les conquêtes militaires musulmanes. L’héritage grec, persan et hindou ont été déterminants dans ce changement culturel.


Ephèbes

L’un des premiers textes littéraires en arabe traitant de la question de l’homosexualité est Mofakharat Alghilman wa Aljawari d’Al Jahiz (traduit en français par l’écrivain marocain Maati Kabbal sous le titre Ephèbes et courtisanes. Payot. 2008). Dans ce livre, écrit sous forme de dialogue, deux hommes débattent de leurs préférences sexuelles : Le premier expose les raisons de son amour pour les jeunes garçons, tandis que le second défend sa passion pour les femmes.
Le dialogue entre les deux hommes est un petit bijou de l’art de la polémique très prisé dans la littérature arabe classique. Toutes les références sont mobilisées pour damer le pion à son interlocuteur et appuyer ses positions : la poésie, l’histoire, les anecdotes drôles et croustillantes, mais aussi les hadiths et les versets coraniques. L’amoureux des femmes évoque sans problème des dits du prophète rendant hommage aux femmes et à leur mérite, mais, le passionné par les jeunes garçons trouve dans le Coran des versets qui soutiennent son goût et les cite. Il s’agit de deux versets du Coran, décrivant les plaisirs du paradis auxquels vont gouter les croyants. Parmi ces plaisirs, les versets promettent des garçons beaux « comme des perles conservées », selon l’expression coranique, réservés au service des heureux élus.
Cet argument peut étonner, mais il est souvent utilisé dans les récits historiques et littéraires pour justifier l’amour des éphèbes. Yahya Ibn Aktham, Qadi al qodat (plus haut grade de la magistrature musulmane) sous le calife Al Mamoun, recourait également à cet argument pour expliquer ses goûts sexuels et son penchant pour les garçons. Sur le ton de la boutade, ce génie de la théologie musulmane comme on le décrivait dans les livres d’Histoire, disait « pourquoi ne pas désirer sur terre ce que Dieu réserve à ses fidèles au paradis ?».
Il est stupéfiant de constater que les écrivains musulmans, souvent des ulémas et des hommes de religion, ne trouvaient pas de gène ou d’embarras à citer des histoires et des poèmes célébrant l’homosexualité. Pour beaucoup d’entre eux, cela relevait de la simple connaissance encyclopédique et de l’érudition. Célébrer la beauté masculine et déclarer son amour à un jeune éphèbe n’avaient pas tout le temps une connotation sexuelle et ne couvait pas un désir de jouissance. Dans certains cas, il s’agissait tout simplement d’un simple jeu littéraire, une démonstration de la maitrise du verbe et son maniement dans les différentes situations. D’autres formes de passions homosexuelles dans l’histoire musulmane, ressemblent plutôt à un amour platonique ne débouchant pas forcément sur des relations sexuelles. Ces manifestations d’amour platonique entre des personnes du même sexe, sont très présentes dans la littérature mystique musulmane.


Amour platonique


Le collier de la colombe de l’andalou Ibn Hazm est certainement l’un des plus beaux livres en arabe sur les thèmes de l’amour. Un livre plein de délicatesse, de spleen et de sensibilité. Ibn Hazm était aussi un homme de religion et fondateur d’un rite très rigoriste et ultra-orthodoxe. Dans Le collier de la colombe, ce juriste et théologien citait sans jugement ni distinction les passions homosexuelles aussi bien que les amours hétérosexuels. Pour lui, tous les récits, anecdotes et poèmes méritent d’être cités quand elles ont pour unique thème : l’amour chaste et platonique. Ibn Hazm avait une vision romantique et mélancolique de l’amour, qui se définissait selon lui par le tumulte des sentiments et la passion pour l’être aimé, sans que le corps ne vienne pervertir tout ça, et surtout dans un cadre illicite. L’amour d’un homme pour une personne du même sexe entrait dans cette définition, d’où les exemples d’amour homosexuel qu’Ibn Hazm utilise dans son livre.

Sur cet aspect, la littérature musulmane reprend des thèmes qu’on retrouve déjà chez les grecs antiques, notamment celui de « l’exaltation de l’amitié amoureuse pour les éphèbes » comme le remarque Fréderic Lagrange. Dans Le Banquet de Platon, un autre beau livre sur l’amour, il est question dans l’un de ses passages, de l’amour idéal et passionné qui liait le philosophe Socrate à son disciple Alcibiade. Le philosophe grec apprend à son disciple, jeune et beau, que l’amour spirituel et intellectuel est plus intense et plus durable que la rencontre des corps voués à s’affaiblir un jour. L’essence même de ce qu’on nomme de nos jours l’amour platonique.

On retrouve fortement cette idée chez les mystiques musulmans qui conçoivent l’accompagnement d’un jeune homme comme une initiation spirituelle et l’amour entre les deux hommes comme une forme d’amour divin. Dans Massarii Al’ochaq (Les sorts des amoureux) le cheikh Abou Mohammed Al Qarii, raconte l’histoire d’un soufi musulman, affecté et peiné par la mort d’un jeune homme dont il ne se séparait jamais. Le soufi a pleuré toutes les larmes de son corps après la disparition de son compagnon, et passait des journées entières, debout, face à la tombe du jeune garçon. Un jour, on l’a retrouvé mort au pied de la sépulture de son bien-aimé. Les mille et une nuits foisonnent également d’histoires de mystiques follement amoureux de jeunes garçons, mais un amour chaste et platonique (voir encadré).

L World

Objet de fantasmes orientalistes et lié souvent au hammam et au harem, le lesbianisme en histoire musulmane demeure très mal connu. Les sources sont rares, et les femmes dans une société fortement masculine ne pouvaient pas s’exprimer elles-mêmes sur ce sujet. Bien que l’homosexualité féminine soit sanctionnée avec moins de sévérité que l’homosexualité masculine.

Chihabeddine Al Tifachi, juriste tunisien du 13éme siècle, a consacré une partie de son livre Nozhat Al Albab (Le plaisir des esprits) au lesbianisme. Le cadi tunisien fournit dans cette partie des explications « scientifiques » sur les origines biologiques de l’homosexualité féminine, pour converger après sur des descriptions précises et étonnantes sur les lesbiennes de son temps. Al Tifachi explique donc que ces femmes « utilisent excessivement les parfums et sont pointilleuses sur la propreté et l’hygiène. Elles n’achètent que les meubles, les mets et les bijoux les plus chers et les plus rares ». L’élégance et le raffinement des femmes qui s’adonnent à l’amour saphique, selon cette description, laissent croire qu’il s’agit surtout de personnes qui appartiennent à des classes sociales aisées. Al Tifachi n’épargne pas son lecteur de certains détails concernant les positions sexuelles et les techniques de coït chez les lesbiennes.
A l’instar d’Al Jahiz dans son livre sur les avantages comparatifs de l’homosexualité masculine et l’hétérosexualité, Al Tifachi réserve quelques pages au débat entre les amatrices du lesbianisme et ses détracteurs. Risque écarté de grossesse et discrétion en cas d’adultère sont cités parmi les avantages et « les vertus » de l’homosexualité féminine.

L’une des références historiques sur le saphisme est l’œuvre d’un auteur marocain du 16éme siècle. Il s’agit de Mohammad Hassan Al Wazzan, originaire de Fès et enlevé par des corsaires italiens qui l’ont vendu au Pape. Ce dernier l’a adopté comme fils en le baptisant sous le nom de Jean Léon de Médicis, dit Léon l’africain. Dans son livre La description de l’Afrique, Hassan Alwazzan décrit les ruses des lesbiennes dans la ville de Fès pour séduire d’autres femmes souvent mariées. Ecrivant son livre à l’intention du maitre du Vatican, Hassan Alwazzan relate, avec une ferme condamnation mélangée avec une touche d’humour, les stratagèmes de ces femmes. Dans le même livre, le diplomate pontifical originaire de Fès, décrit une autre catégorie d’homosexuels qu’il a croisé en territoire marocain, celle des travestis. « Ce sont des hommes qui s’habillent en femmes et portent des ornements comme les femmes. Ils se rasent la barbe et vont jusqu’à imiter les femmes dans leur façon de parler…Chacun de ces êtres abjects, a un concubin et se comporte avec celui-ci exactement comme une femme avec son mari » s’enflamme Hassan Al Wazzan. Qui a dit donc que l’homosexualité est une « invention » occidentale ?

source: http://www.atourabi.com

Les oulémas marocains lancent une fatwa contre «l’apologie de l’homosexualité»

La Rédaction 20 Mars 2009
Les religieux ont vivement riposté à la visite dans le royaume chérifien de Colegas, la confédération des associations LGBT espagnoles. La réaction ne s’est pas fait attendre. Le Conseil supérieur des oulémas du Maroc a lancé la semaine dernière une fatwa contre la «glorification de l’homosexualité» après une visite de la confédération des associations LGBT espagnoles (Colegas) sur le sol marocain. L’instance religieuse aurait justifié sa décision par le fait que «l’Etat marocain doit avoir une politique contre ce genre de déviances». Cette décision fait suite à la tournée de Colegas au Maroc, du 19 au 26 février derniers. Une visite guidée par Kifkif, un groupe LGBT marocain qui lutte contre l’homophobie. «Nous avons tenu des rendez-vous et des réunions avec différentes associations, missions diplomatiques étrangères et la presse, concernant les progrès des droits humains au Maroc», a expliqué à TÊTU (magazine français) Samir Bargachi, le jeune leader de Kifkif. Colegas souligne avoir pris les précautions pour «éviter des confrontations inutiles avec les islamistes». En vain. L’initiative a fait grincer des dents les extrémistes. «La presse islamiste a laissé entendre que Kifkif fait partie du “lobby gay” et que nous recevons un appui d’organisations et ambassades étrangères ennemies des bonnes valeurs de la société islamique, raconte Samir Bargachi. Tout cela est ridicule, mais c’est leur avis et ils profitent de l’ignorance des Marocains sur le sujet».